178- La compétence de cette Cour ressort de l'analyse des dispositions de l'article 9 (4) du Protocole additionnel ainsi que des faits, tels qu´allégués par le requérant dans sa requête initiale. 179- En ce sens, elle a également prononcé l'Arrêt ECW/CCJ/JUD/03/11 du 17 mars 2011, rendu dans l´affaire Bakary Sarre et 28 Autres c. la République du Mali1, en déclarant que : « la compétence de la Cour pour connaître d´une affaire déterminée, dépend non seulement de ses textes mais également de la substance de la requête initiale. La Cour acorde toute attention aux prétentions des demandeurs, aux moyens qu´ils invoquent et dans le cas oú des violations de droit de l´homme sont alleguées, de sa présentation par les parties. Elle recherche donc si la constatation de la violation des droits de l´homme forme l´object principal de la requête et si les moyens et les preuves produits tendent essentiellment à établir de telles violations ». 180- Toujours, dans l'Arrêt susmentionné, rendu dans l'affaire, Chude MBA c. la République du Ghana2 , la Cour a déclaré que: « En règle générale, la compétence est déduite de la demande des requérants et, pour décider si cette Cour est compétente ou non pour connaître du présent recours, il faut se fonder sur les faits tels que présentés par le demandeur ». 181. La compétence de cette Cour est régie par l'article 9 du Protocole A/P1/7/91, relatif à la Cour, tel qu´amendé par le Protocole additionnel A/SP.1/01/05. 182. Et l'article 9 (4) susmentionné dispose que : « La Cour est compétente pour connaître des cas de violation des droits de l'homme dans tout État membre ». 183- Comme l'a déclaré cette Cour dans plusieurs Arrêts, sa compétence ne peut être remise en cause, lorsque les faits invoqués sont liés aux droits de l'homme. (Voir Arrêts Nº ECW/CCJ/RUL/03/2010 du 14 mai , rendu dans l´affaire Hissène Habré c. République du Sénégal3, Nº ECW/CCJ/JUD/05/10 du 8 novembre 2010, rendu dans l´affaire Mamadou Tandja c. République du Niger4, Nº ECW/CCJ/RUL/05/11 du 1er juin 2011, rendu dans l´affaire Private Alimu AKeem c. République fédérale du Nigéria5). 184- La Cour a également réitéré cette position dans l´Arrêt ECW/CCJ/JUD/19/13 de juillet 2013, rendu dans l´affaire Karim Meissa Wade c. L´Etat du Sénégal6, quand elle a souligné que: «…le simple fait d'invoquer une violation des droits de l'homme dans une affaire suffit à établir la compétence de la Cour sur cette affaire ». 185- En l'espèce, la Cour comprend que les demandeurs fondent leur requête initiale sur des allégations d'une prétendue violation, par l'État défendeur, de leurs droits humains, garantis 1 Affaire Nº ECW/CCJ/APP/09/09 - Voir CCJ, RL, 2011, p. 68, §25. Voir Arrêt invoqué à la note 1, § 52. 3 Affaire Nº ECW/CCJ/APP/07/08 CCJ, RL, 2010, p. 43, § 53 - 61. 4 Affaire Nº ECW/CCJ/APP/03/09 - Voir CCJ, RL, 2011, p. 105 ss. 5 Affaire Nº ECW/CCJ/APP/03/09 - Voir CCJ, RL, 2011, p. 121 ss. 6 Affaire Nº ECW/CCJ/APP/01/13 - Voir CCJ, RL, 2013, p. 251§72. 2 20

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