278- La CEDH a d´ailleurs observé que la protection offerte par les droits de propriété serait « largement illusoire et inefficace » en l'absence de compensation. Elle a en outre souligné que, « ... la privation de propriété sans paiement d'un montant raisonnablement lié à leur valeur constituerait normalement une ingérence disproportionnée qui ne pourrait être considérée comme justifiable au titre de l'article 1er (P1-1)." (Voir ci-dessus James et autres c. Royaume-Uni, § 54). 279- Dans le même sens, la Cour interaméricaine a souligné dans l'Arrêt rendu dans l´affaire Ivcher-Bronstein c. Pérou que : « Pour que la privation des biens d'une personne soit compatible avec le droit de propriété consacré par la Convention, elle doit être fondée sur des raisons d'utilité publique ou d'intérêt social, être subordonnée au versement d'une juste indemnité et être limitée aux cas et selon les formes prévues par la loi ». (§ 128) 280- Elle a également souligné que « Pour déterminer si M. Ivcher a été privé de ses biens, la Cour ne devrait pas se limiter à évaluer s'il y a eu dépossession ou expropriation formelle, mais devrait aller au-delà des simples apparences et établir la situation réelle qui se cache derrière la situation dénoncée ». (§124) 281- En l'espèce, les requérants font valoir que l'État défendeur a arbitrairement privé K ENERGIE de son bien, non pas par nécessité publique ou pour l'intérêt général, mais pour satisfaire un intérêt particulier, une autre société de droit privé, à savoir GDE SARLU. 282- Que le Ministre de l'Énergie de la République de Guinée a, par lettre en date du 24 février 2017 référencée 0210/MEH/CAB/2017, pris la décision de saisir la Gendarmerie nationale pour lui demander de changer l'equipe de gardes présente sur le site de K ENERGIE, pour permettre ainsi à la société la Guinéenne d'Energie de prendre possession et contrôle sur les centrales et installations connexes. 283- Et Pour faire la preuve de ce que cette demande du Ministre a été suivie d´effets, ils ont annexé deux procès-verbaux de constat en date des 3 mars et 23 mai 2017 (Annexe 7) comme preuve que l'État a délégué sans droit la gestion des centrales de K ENERGIE SA. 284- Les requérants concluent que l´assiette foncière ne pouvait pas être mise à la disposition de la GDE, sans une juste et équitable indemnisation. 285- Pour sa part, l'État défendeur en est venu à soutenir qu'il n'a jamais revendiqué la propriété des centrales électriques et des installations connexes, appartenant à PW POWER SYSTEMS ; qu'il n'a jamais occupé ou pris possession des centrales électriques et de leurs installations ; et qu'il n'a accompli aucun acte visant à céder lesdites centrales électriques à une personne, notamment parce qu'il n'est pas propriétaire de ces installations. 286- Après avoir examiné les pièces versées au dossier des requérants, la Cour constate qu'il existe bien à l´annexe 5 de la requête une lettre signée par le Ministre de l'Énergie de la République de Guinée, datée du 24 février 2017, référencée 0210/MEH/CAB/2017 et 33

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