47. À la lumière de sa jurisprudence constante, la Cour considère que ces violations alléguées se sont produites au cours de la procédure judiciaire devant les juridictions nationales à l’issue desquelles le Requérant a été condamné à une peine de trente (30) ans de réclusion. Ces allégations font partie du « faisceau de droits et de garanties » lié au droit à un procès équitable, objet des recours du Requérant en appel et qui en constituait le fond.14 48. Les autorités judiciaires de l’État défendeur, notamment la Cour d’appel, sa plus haute juridiction, ont eu la possibilité de traiter les allégations, même si le Requérant ne les a pas soulevées explicitement. Il ne serait donc pas raisonnable d’exiger du Requérant qu’il introduise une nouvelle requête devant les juridictions internes afin de demander réparation de ce grief.15 49. En ce qui concerne l’allégation de l’État défendeur relative au recours en inconstitutionnalité, la Cour considère, conformément à sa jurisprudence constante que ledit recours, tel qu’il s’applique dans le système judiciaire tanzanien, est un recours extraordinaire que le Requérant n’est pas tenu d’épuiser avant de la saisir.16 50. Au regard de ce qui précède, la Cour considère que le Requérant a épuisé les recours internes conformément à l’article 56(5) de la Charte et à la règle 50(2)(e) du Règlement. B. Sur l’exception tirée du dépôt de la Requête dans un délai non raisonnable 51. L’État défendeur affirme que la Requête n’a pas été déposée dans un délai raisonnable après l’épuisement des recours internes. À cet égard, l’État défendeur affirme qu’il a déposé la Déclaration, le 9 mars 2010 et que la Cour d’appel a rendu son arrêt le 7 mars 2013. Toutefois, le Requérant a 14 Thomas c. Tanzanie (fond), supra, § 60 et Onyachi et Njoka c. Tanzanie (arrêt), supra, § 68. Ibid., §§ 60 à 65. 16 Mohamed Abubakari c. République-Unie de Tanzanie (fond) (3 juin 2016) 1 RJCA 624, § 72 et Onyachi et Njoka c. Tanzanie (fond), supra, § 56. 15 14

Sélectionner le paragraphe cible3