cassation des décisions des juridictions nationales et à ce titre l’action du requérant ne saurait prospérer » ; III.21- Relativement à la violation de la présomption d’innocence, l’État défendeur a rappelé que même si il reconnait le caractère fondamental du droit à la présomption d’innocence, il apprécie la protection de celui-ci, en l’espèce, au regard du droit légitime des citoyens à l’information sur des faits qui ont gravement troublé l’ordre public ; que comme l’a rappelé la Cour européenne des Droits de l’Homme dans l’arrêt Minelli contre Suisse du 23 mars 1983 « la présomption d’innocence se trouve méconnue si, sans établissement préalable de culpabilité d’un prévenu et, notamment, sans que ce dernier ait eu l’occasion d’exercer les droits de la défense, une décision judiciaire le concernant reflète le sentiment qu’il est coupable… » ; que l’obligation demeure pour l’État d’informer les citoyens sur l’état d’avancement d’une procédure aussi sensible que celle de l’espèce ; que c’est le législateur sénégalais, à travers la loi n° 2016-30 du 08 novembre 2016 modifiant la loi n° 65-61 du 21 juillet 1965 portant Code de procédure pénale, qui exige du procureur cette faculté d’informer ; que l’article 4 de ladite loi dispose que « …pour prévenir la propagation d’informations parcellaires ou inexactes ou pour mettre fin à un trouble à l’ordre public, le Procureur de la République peut, en relation avec sa hiérarchie, rendre publics, par un point de presse, des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des indices ou charges retenues contre les personnes mises en cause » ; qu’il ne résulte de l’analyse des déclarations faites par le Procureur de la République aucune moindre violation du droit à la présomption d’innocence ; III.22- Sur la violation du droit des requérants de présenter des témoins pour leur propre défense et de celui de demander une expertise, le défendeur a affirmé qu’il n’y a eu aucune violation desdits droits ; 17

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