où le crime a été commis, information confirmée, selon lui, par le deuxième témoin à charge (PW II). Pour sa part, le deuxième Requérant affirme que le fait que la Haute Cour n’ait pas pris en compte son alibi constitue un déni de justice. 91. L’État défendeur conteste les allégations des Requérants et leur demande d’en apporter la preuve irréfutable. Il affirme que le tribunal d’instance a examiné les alibis des Requérants, mais les a rejetés au motif qu’ils n’étaient pas dignes de foi. L’État défendeur affirme que, devant la Haute Cour, le premier Requérant n’a pas soulevé le même moyen de défense tandis que le deuxième Requérant l’a fait après la clôture des débats et n’a pas notifié son intention avant l’audience, comme l’exige l’article 194(4) du CPP. L’État défendeur déclare que la Haute Cour, usant de son pouvoir discrétionnaire, a, tout de même, examiné son alibi invoqué comme moyen de défense et a conclu qu’il n’était pas suffisamment solide pour mettre en doute les arguments du ministère public. En outre, il fait valoir que la Cour d’appel a également examiné le dossier et est parvenue à la même conclusion. *** 92. La Cour note que, dans le système pénal de l’État défendeur ainsi que dans d’autres juridictions, l’alibi est un moyen de défense qui, lorsqu’il est établi avec certitude, peut être décisif pour asseoir la culpabilité de l’accusé. Par conséquent, chaque fois qu’il est invoqué par un requérant, l’alibi soulevé comme moyen de défense doit toujours être sérieusement pris en compte, examiné en profondeur et éventuellement écarté, avant de rendre un verdict de culpabilité.29 93. En l’espèce, les comptes rendus d’audiences tenues durant les procédures nationales montrent clairement que les Requérants ont invoqué des alibis mais, après examen des éléments de la procédure, notamment les dépositions des témoins à charge, la juridiction d’instance a estimé qu’ils 29 Abubakari c. Tanzanie, supra, § 26 ; Onyachi et Njoka c. Tanzanie (fond), supra, § 93. 25

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