Requérant était partie soit arrivée à son terme, au moment du dépôt de la
Requête devant elle8.
40. Il s’y ajoute qu’il appartient au Requérant d’entreprendre toutes les
démarches nécessaires pour épuiser ou, au moins, essayer d’épuiser les
recours internes9.
41. La Cour note qu’en l’espèce, le Requérant a été poursuivi pour outrage à
magistrat et injures commis par le biais d’un système d’informations, délits
prévus et punis par les articles 147 du code pénal malien10 et 21 de la loi
2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité11.
42. La Cour note par ailleurs que dans ce cadre, suite au soit-transmis du
procureur de la République près le tribunal de Grande instance de la
commune III du district de Bamako relatif à la plainte formulée par les
syndicats de magistrats (SAM et SYLIMA), le Requérant a été convoqué
par la brigade d’investigations judiciaires de Bamako, le 21 octobre 2020,
8
Komi Koutché c. République du Bénin, CAfDHP, Requête n° 020/2019, Arrêt du 25 juin 2021
(compétence et recevabilité), § 61 ; Sébastien Germain Marie Aïkoué Ajavon c. République du Bénin,
Requête n° 027/2020 (compétence et recevabilité), § 74.
9 Peter Joseph Chacha c. République-Unie de Tanzanie (recevabilité) (28 mars 2014) 1 RJCA 413, §
143. Voir aussi, Epoux Diakité c. République du Mali (compétence et recevabilité) (28 septembre 2017)
2 RJCA 122, § 53 ; Komi Koutché c. République du Bénin, Requête n° 020/2019 (compétence et
recevabilité), § 92.
10 L’article 147 du code pénal dispose : « Quiconque, soit par discours, cris ou menaces proférés dans
les réunions ou lieux publics, soit par des écrits des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou
exposés dans les réunions ou lieux publics, aura offensé la personne du Chef de l’État sera puni d’un
emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 50.000 à 600.000 FCFA ou de l’une ou
l’autre de ces deux peines seulement. Les mêmes dispositions sont applicables en ce qui concerne les
Chefs d’État étrangers en visite au Mali. Lorsqu’un ou plusieurs magistrats de l’ordre administratif ou
judiciaire, lorsqu’un ou plusieurs assesseurs auront reçu dans l’exercice de leurs fonctions ou à
l’occasion de cet exercice, quelque outrage par parole, par écrit ou dessin non rendus publics tendant
dans ces divers cas à porter atteinte à leur honneur ou à leur délicatesse, celui qui leur aura adressé
cet outrage sera puni d’un emprisonnement de quinze jours au moins et d’un an au plus. Si l’outrage
par parole a eu lieu à l’audience ou dans l’enceinte d’une cour ou d’un tribunal, l’emprisonnement sera
de trois mois au moins et deux ans au plus. L’outrage fait par geste ou par menace ou par envoi d’objets
quelconques dans la même intention et visant un magistrat ou un assesseur dans l’exercice de ses
fonctions, sera puni d’un mois à six mois d’emprisonnement ; si l’outrage a eu lieu à l’audience d’une
cour ou d’un tribunal, il sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans. »
11 L’article 21 de la loi 2019-056 du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité
dispose : « Quiconque profère une injure par le biais d’un système d’information envers une personne
est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende d’un million (1.000.000)
à dix millions (10.000.000) de francs CFA ou l’une de ces deux peines. »
12