exceptionnel, qu’aux infractions les plus odieuses commises dans des circonstances particulièrement aggravantes ».54 138. La Cour relève également que la jurisprudence internationale en matière de droits de l’homme prend en compte la gravité d’une infraction justifiant l’application de la peine de mort obligatoire. À titre d’exemple, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a estimé que la privation intentionnelle et illicite de la vie d’autrui peut et doit être reconnue et traitée en fonction de divers facteurs qui correspondent à la gravité des faits entourant l’affaire, en tenant compte des différentes facettes qui peuvent entrer en jeu, tels qu’une relation spéciale entre le contrevenant et la victime, les raisons du comportement, les circonstances et les moyens de commission du crime. La Cour interaméricaine des droits de l’homme a estimé que cette approche permettait d’évaluer progressivement la gravité de l’infraction, pour qu’elle soit en rapport avec les différents niveaux de lourdeur de la peine applicable.55 139. Dans l’affaire S c. Makwanyane, la Cour constitutionnelle de l’Afrique du Sud a indiqué ce qui suit : « [L] a peine de mort ne devrait être prononcée que dans les cas exceptionnels où il n’existe aucune perspective raisonnable de réforme et lorsqu’aucune autre peine ne permet d’atteindre pleinement l’objectif de la punition ».56 En outre, dans l’affaire Mitcham et autres c. Director of Public Prosecution, la Cour d’appel des Caraïbes orientales a déclaré que « la charge de la preuve, lors de l’audience de fixation de la peine, incombe au ministère public et que la norme reste la preuve au-delà de tout doute raisonnable ».57 140. La Cour note qu’en l’espèce, le caractère obligatoire de la peine de mort a privé les juridictions d’instance du pouvoir de déterminer si l’affaire du 54 Mwita c. Tanzanie (arrêt), supra, § 66. Boyce et al. v. Barbados, Preliminary Objection, Merits, Reparations, and Costs, Judgment of 20 November 2007. Series C No. 169, par. 46 à 63 et Hilaire, Constantine, and Benjamin et al. v. Trinidad and Tobago, Merits, Reparations, and Costs, Judgment of June 21, 2002. Series C No. 94, par. 106. 56 S v. Makwanyane, Affaire no. CCT/3/94, Arrêt du 6 juin 1995, par. 46. 57 Mitcham & Ors v. DPP, Crim. Appeal Nos 10–12 of 2002 Eastern Caribbean Court of Appeal, par 2. 55 40

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