Sur le fondement de ce texte l'Etat du Niger estime qu'après le classement
sans suite du procès-verbal d'enquête préliminaire des faits relatifs à la mort
de leurs ayants cause, les Requérants auraient dû déclencher I 'action
publique en portant plainte avec constitution de partie civile devant un juge
d'instruction.
37. Le Défendeur affirme que les Requérants qui se sont abstenus d'user de ce
texte, sont mal fondes a lui reprocher de n'avoir pas pris les mesures
nécessaires afin qu'ils disposent d'un recours effectif devant les juridictions
compétentes de l'Etat du Niger.
38. L'Etat du Niger semble déduire que par l'existence même de l'article 80 du
code de procédure pénale sus- cite, il s'est conforme au droit à un recours
effectif devant les juridictions nationales compétentes tel que ce droit
résulte des articles 7 et 8 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et
des Peuples et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui
disposent respectivement que : « Toute personne a droit à ce que sa cause
soit entendue. Ce droit comprend le droit de saisir les juridictions
nationales compétentes de tout acte violant les droits fondamentaux qui lui
sont reconnus et garantis par les conventions. les lois, règlements et
coutumes en vigueur >> et «Toute personne a droit à un recours effectif
devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les
droit fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi».
39. Toutefois la Cour relève que l’article 80 du code de procédure pénale
nigérien se situe dans le domaine du droit commun ordinaire, et ne concède
pas les situations liées a l'armée comme les faits tragiques ayant entrainé la
mort des ayants cause des Requérants. A cet égard la Cour note que les
articles 32 alinéa 2 et 41 alinéa 2 du Code de justice militaire qui disposent:
(( La juridiction militaire connait : des infractions de toute nature
commises par des militaires dans le service ( ...) »
«En temps de guerre ou période d 'exception, La compétence du
tribunal militaire s 'étend: toute infraction dont l'auteur, l'un des
coauteurs ou complices est militaire» sont explicites sur la compétence
de la juridiction militaire pour les faits exposes en la requête des ayants
droits de Sidi Amar et de Ousmane Sidi Ali.
à
En effet, Sidi Amar et Ousmane Sidi Ali ont trouvé la mort au cours d'une
fusillade déclenchée par des militaires de l'armée nigérienne en mission
commandée.
La Cour constate que ces faits au cours desquelles les ayants cause des
Requérants ont trouvé la mort, appellent l'application du code de justice
militaire parce qu'ils impliquent des militaires en service commande par
leur hiérarchie; c'est là le sens et la motivation du classement sans suite
décide par le procureur de la République du procès-v erbal d'enquête
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