ARRÊT JAMES ET AUTRES c. ROYAUME-UNI
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D’après les requérants, avec le temps la loi de 1974 touchera une
proportion de plus en plus forte des propriétés de leur domaine. Depuis
novembre 1983 ont eu lieu 43 nouveaux rachats, portant à 215 le nombre
total des propriétés du domaine acquises en vertu de la réforme législative.
Les requérants s’attendent à ce qu’il y en ait encore de 500 à 800 à l’avenir.
28. Dans chacune des 80 transactions litigieuses, le prix payé a été fixé
par négociation. Les conseillers juridiques des requérants leur avaient
indiqué qu’ils n’avaient aucun moyen de contester aux locataires le droit de
racheter les biens-fonds et qu’ils ne pouvaient raisonnablement espérer
obtenir de meilleurs prix en s’adressant au tribunal foncier ou, pour les
opérations les plus récentes, au tribunal d’évaluation des emphytéoses.
29. Les requérants ont attiré l’attention sur les aspects suivants des
opérations dont il s’agit:
i. dans trois cas seulement, le bâtiment avait été édifié par le locataire
acheteur ou par ses prédécesseurs;
ii. dans six cas seulement, des membres de la famille du locataire avaient
continuellement occupé la propriété depuis la conclusion du bail initial;
iii. la durée de l’occupation par le locataire avant la date de l’avis de
rachat allait de trois à trente-cinq ans; dans 34 des 80 cas, elle n’atteignait
pas huit ans;
iv. dans tous les cas, le preneur avait droit au maintien dans les lieux à
l’expiration de son bail, sous les conditions prévues par les lois sur les
loyers (paragraphe 16 ci-dessus);
v. l’intervalle entre l’avis du locataire (date retenue pour l’évaluation du
prix - paragraphe 26 ci-dessus) et l’achèvement de la vente a varié de une à
treize années, et pour 34 des 80 opérations il a dépassé cinq ans;
vi. franches d’hypothèque, les propriétés valaient - selon les estimations
des requérants - de 44.000 à 225.000 livres, tandis que le prix de rachat payé
par le locataire se situait entre 2.500 et 111.000 livres;
vii. pour les locataires, la fraction du bail non encore échue aurait valu
jusqu’à 153.750 livres - compte non tenu du droit au rachat;
viii. dans 15 cas, le locataire aurait vendu le bail, après son avis de rachat
mais avant la réalisation de ce dernier, en transmettant le droit au rachat;
ix. dans au moins 25 des 80 cas, le locataire ne serait pas demeuré dans la
propriété rachetée par lui, mais l’aurait revendue dans l’année même de
l’acquisition; dans 9 de ces cas, il ne l’aurait pas occupée du tout après le
rachat;
x. les locataires ayant ainsi revendu leur propriété en auraient retiré un
profit compris entre 32.000 et 182.000 livres, et supérieur à 100.000 dans au
moins 7 cas; en particulier, un locataire qui s’était installé dans la maison
trois mois avant la publication du Livre blanc de 1966 (paragraphe 18 cidessus) - et avait acquis le bail à bas prix (9.000 livres), sans perspective de
rachat à l’époque - a pu acheter le bien-fonds à 28 % de sa valeur réelle