ARRÊT VERA FERNÁNDEZ-HUIDOBRO c. ESPAGNE
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qui fut accordé. M.B. fut ainsi inculpé, par une ordonnance du 23 janvier
1996 (pour le détail de la procédure d'instruction menée par le juge
d'instruction délégué, voir ci-dessous l'arrêt du Tribunal constitutionnel du
17 mars 2001).
55. Le 25 janvier 1996, le requérant et J.B. firent une déposition dite
indagatoria (c'est-à-dire une déposition portant sur l'ordonnance
d'inculpation). Par une ordonnance du 23 janvier 1996, le juge d'instruction
délégué inculpa le requérant du chef d'appartenance à une bande armée. Il
refusa d'entendre, en qualité de personnes mises en cause, le président du
gouvernement (F.G.) ainsi que deux députés. Il accueillit de nouvelles
preuves et en rejeta d'autres qui avaient été proposées par les parties. Les
21 et 22 mars 1996, J.A. et M.D. firent une déposition. Ce dernier en fit une
autre le 5 juin 1996. Deux nouvelles confrontations eurent lieu, les
12 et 13 juin 1996, auxquelles participèrent, respectivement, J.B. et le
requérant.
56. Par une décision du 18 juillet 1996, la chambre pénale du Tribunal
suprême rejeta l'appel formé contre l'ordonnance d'inculpation du
18 avril 1995 rendue par le juge central d'instruction no 5.
57. Le requérant proposa certaines preuves telles que le témoignage, par
commission rogatoire, de deux juges d'instruction français et d'un procureur,
spécialisés dans la lutte antiterroriste, que le juge d'instruction délégué rejeta
par des décisions des 5 mars et 16 décembre 1996 et du 21 janvier 1997,
estimant que, au vu des questions proposées, les réponses de ces témoins ne
pouvaient avoir aucune relation avec les faits concrets poursuivis. Ce rejet
fut confirmé ultérieurement par une décision du Tribunal suprême du 12
mars 1997.
58. Au terme de l'instruction, l'affaire fut renvoyée en jugement devant
la chambre pénale du Tribunal suprême par une décision du 4 avril 1997.
59. Le 24 avril 1998, le Tribunal suprême écarta les preuves proposées
par le requérant se rapportant au témoignage de certaines autorités
judiciaires, policières et politiques françaises figurant déjà dans les
demandes précédentes de l'intéressé, en raison de leur manque de pertinence
pour les faits de la présente espèce.
2. La procédure de jugement devant la chambre pénale du Tribunal
suprême
60. Les débats oraux débutèrent le 25 mai 1998 pour se terminer le
15 juillet 1998.
61. Par un arrêt du 29 juillet 1998, la chambre pénale du Tribunal
suprême, réunie en formation plénière de onze juges, reconnut le requérant
coupable sur un chef de malversation de fonds publics et sur un chef de
séquestration, et le condamna à une peine de dix ans d'emprisonnement, à
douze ans d'interdiction absolue d'assumer des fonctions publiques, et à