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ARRÊT DEBBOUB alias HUSSEINI ALI DU 9 NOVEMBRE 1999
B. L’instruction
11. Par suite de cette enquête, une vaste opération de police judiciaire
était menée à Paris et dans la banlieue parisienne en date du 8 novembre
1994. Au terme de cette opération, quatre-vingt-quinze personnes étaient
interpellées et placées en garde à vue, parmi lesquelles le requérant. Ce
dernier, de même que soixante-dix-sept autres personnes interpellées en
même temps que lui, furent placés sous mandat de dépôt le 12 novembre
1994. Ce même jour, après avoir fait l’objet d’un interrogatoire de
première comparution, le juge d’instruction du tribunal de grande
instance de Paris mis en examen le requérant et le plaça en détention
provisoire sous l’accusation d’association de malfaiteurs ayant pour but
de préparer un acte de terrorisme, de diverses infractions aux législations
relatives aux munitions, aux explosifs et aux étrangers, falsification de
documents administratifs et usage, recel et vol. Le juge d’instruction
estimait que les « faits d’une extrême gravité ont très sérieusement
troublé l’ordre public, que le mis en examen en raison de son
engagement au sein de ce réseau et de son niveau de responsabilité est
susceptible de réitérer ses agissements délictueux ; que par ailleurs vivant
en France dans la clandestinité il n’offre aucune garantie de
représentation. »
12. Le 11 mai 1995, le requérant fit l’objet d’un premier
interrogatoire sur le fond par le juge d’instruction. Le 11 octobre 1995,
un deuxième interrogatoire programmé fut reporté, l’avocat du requérant
n’ayant pas pu consulter le dossier. Le 23 novembre 1995, le requérant
fut à nouveau interrogé sur le fond par le juge d’instruction.
13. Les 14 février, 21 juin et 17 décembre 1996, le requérant fit
l’objet de trois interrogations sur le fond de l’affaire.
14. Entre-temps, le 2 avril 1996, était interpellé le chef du réseau,
M. M.K., au Royaume-Uni. Celui-ci sera mis en examen en France, en
décembre 1997.
15. Le 4 mars 1997, le requérant fut entendu pour une dernière fois
par le juge d’instruction.
16. Le 27 juin 1997, les juges d’instruction communiquèrent le
dossier au procureur de la République, qui déposa son réquisitoire
définitif de renvoi et de non-lieu partiel le 4 mars 1998.
C. Le jugement
17. L’ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement fut
rendue le 9 mars 1998. Cent trente huit personnes, dont le requérant,
furent renvoyées devant le tribunal correctionnel de Paris. L’audience de
jugement débuta le 1er septembre 1998. Par un jugement du 22 janvier
1999, le tribunal correctionnel de Paris condamna le requérant à la peine