. I
4. Respect du principe de
h~galite des incriminations et des
peines et de non-retroactivite des lois penales
106. La Requerante soutient qu'elle a initialement ete inculpee et reconnue
coupable du crime de propagation de I'ideologie du genocide en vertu de la
loi n° 18/2008 du 23 juillet 2008. Par la suite, la Gour supreme I'a reconnue
coupable de minimisation du genocide, requalifiant ainsi les actes en vertu
d'une nouvelle loi,
a savoir la
I
loi n° 84/2013 sur la repression de I'ideologie
I
du crime de genocide, entree en vigueur Ie 28 octobre 2013. Elle fait
egalement valoir que la reference
lI
a cette nouvelle loi par la Gour supreme a
viole Ie principe de non-retroactivite de la loi et de I'application non
retroactive d'une sanction penale.
r
I
t
107. L'Etat defendeur soutient que Ie principe de legalite des incriminations et
des peines tel que Ie prevoit I'article 7(1) et (2) de la Gharte a ete pleinement
respecte au cours du proces. Pour L'Etat defendeur, tout Juge
Gour et
a la Gour supreme peut en
a la
Haute
dernier ressort, requalifier et appliquer la
loi appropriee, sans pour autant que cela constitue une violation du principe
de legalite et de non-retroactivite de la loi.
•••
,~
;:
•
108. La Gour releve que la disposition pertinente en I'espece est I'article 7 (2) de
la Gharte, qui est libelle com me suit:
I
f
« Nul ne peut ~tre condamne pour une action ou une omission qui ne constituait pas,
au moment ou elle a eu lieu, une infraction legalement punissable. Aucune peine ne
peut etre infligee si elle n'a pas €lIe prevue au moment ou I'infraction a ete
f
commise ... »
t,.
109. La non-retroactivite de la loi penale est un principe important inherent au
principe de legalite, qui prevoit notamment, que la responsabilite penale et
la peine ne doivent etre fondees que sur la promulgation prealable de lois
interdisant un comportement particulier. Le principe de legalite des
incriminations commande que la societe soit au prealable informee des
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