ARRÊT JAMES ET AUTRES c. ROYAUME-UNI
OPINION CONCORDANTE DE M. LE JUGE PINHEIRO FARINHA
(ARTICLE 13 DE LA CONVENTION) (art. 13)
41
OPINION CONCORDANTE DE M. LE JUGE PINHEIRO
FARINHA (ARTICLE 13 DE LA CONVENTION) (art. 13)
1. Je suis d’accord avec la majorité en ce qui concerne les conclusions
de l’arrêt. J’accepte aussi les motifs de ce dernier, sauf le paragraphe 85.
2. La Convention, en effet, assure la garantie collective de certains
droits, notamment à l’article 13 (art. 13):
"Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la présente Convention ont
été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors
même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice
de leurs fonctions officielles." (souligné par moi)
La violation des droits reconnus peut résulter de la loi en soi et les actes
incriminés être en conformité au droit interne, c’est-à-dire ne pas découler
d’une mauvaise application de la loi. En ce cas - je n’aperçois nulle raison
de faire une exception pour l’activité législative -, il faut qu’une instance
nationale existe et ait compétence pour connaître de la violation.
La Cour elle-même a déjà pris cette position - affaires Silver et autres,
Abdulaziz, Cabales et Balkandali, Campbell et Fell.
3. En l’espèce, et parce que "La Cour a constaté que ladite législation
cadrait avec les clauses normatives de la Convention et des Protocoles", ce
que je viens de dire ne m’empêche pas de conclure, pour les raisons données
au paragraphe 86 de l’arrêt, que "les faits de la cause ne révèlent aucune
violation de l’article 13 (art. 13) de la Convention".