pénale, et particulièrement à une lourde peine de prison, soit fondée sur des preuves solides ».23 La nature ou la forme des preuves exigées pour parvenir à une condamnation pénale peut varier en fonction des différentes traditions juridiques, mais elles doivent toujours peser suffisamment pour établir la culpabilité de l’accusé. 79. La Cour rappelle, en outre, « qu’elle n’est pas une juridiction d’appel et, qu’en principe, il est du ressort des juridictions nationales de décider de la valeur probante d’un élément donné ».24 En conséquence, elle « ne peut pas s’approprier ce rôle, dévolu aux juridictions nationales, d’examiner les détails et les caractéristiques des preuves utilisées au cours de la procédure interne afin d’établir la responsabilité pénale des individus ».25 L’intervention de la Cour n’est requise qu’en cas d’erreur manifeste dans l’appréciation des preuves, par les juridictions nationales, pouvant être constitutive d’un déni de justice. 80. Il ressort du dossier que le ministère public a cité cinq (5) témoins. Toutefois, le Tribunal de district a décidé de fonder sa décision uniquement sur les dépositions de trois (3) témoins à charges (PW 1, PW 2 et PW 5), écartant ainsi les témoignages de PW 3 et PW 4 en raison des doutes sur leur crédibilité. 81. En ce qui concerne plus particulièrement le Requérant, la juridiction de jugement a invoqué le principe de possession récente au motif qu’il aurait été trouvé en possession des objets volés deux heures seulement après les faits. Il importe de relever que devant le tribunal d’instance, le Requérant n’a fourni aucune explication quant aux circonstances dans lesquelles il est entré en possession des objets en question. 82. La Haute Cour a adopté une motivation différente de celle du Tribunal de district quant à l’exactitude des témoignages fournis par PW 1, PW 2 et PW 23 Abubakari c. Tanzanie (réparations) supra, § 174. Ibid. 25 Ibid. 24 21

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