Enfin, le défendeur estime que la somme demandée au titre de la réparation est trop élevée et qu’il convient, si par extraordinaire la Cour devait s’y pencher, de la réduire considérablement. IV – Analyse de la Cour La Cour doit se pencher sur chacun des points qui font l’objet du débat engagé devant elle, dans l’ordre qu’elle considère comme logique. En la forme : a) Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité à agir de la requérante Suivant mémoire en défense présenté le 25 Janvier 2018, la République de Guinée Bissau a conclu à l’irrecevabilité de l’action au motif que la requérante qui n’a jamais été mariée avec le défunt Président de la République n’a pas la qualité à agir devant la juridiction de céans pour demander réparation. Mais attendu que l’effectivité du mécanisme sous- régional de protection des droits de l’homme suppose qu’une garantie de la disponibilité d’un recours juridictionnel soit assurée à toute personne directement affectée par une violation de ses droits fondamentaux. La Cour est d’avis qu’en l’espèce, la recevabilité de l’action introduite par la requérante ne saurait être appréciée uniquement par rapport à l’existence ou non d’un lien de droit avec la victime décédée, seule importe pour elle l’administration de la preuve d’une proximité de sentiments matérialisée par un compagnonnage de la requérante et de feu président Nino Vieira constitue la preuve objective de cette communauté de vie ou de sentiments entre les deux parents. Il convient de préciser à ce stade que par écritures en réplique déposées le 25 septembre 2017, la Dame Gomes de Pina a fait valoir qu’elle était effectivement mariée avec le Président Vieira suivant la coutume et que de cette union sont nés trois enfants à savoir Eden Joao Vieira, Vieira Junior et Thirzah de Pina Bernado Vieira ainsi qu’il ressort des actes d’état civil régulièrement versés au débat contradictoire. Ce fait n’a jamais été contesté par l’Etat de Guinée Bissau. Pour la Cour, il constitue bien la preuve d’un lien, lequel, en soi, suffit à établir l’intérêt à agir de la requérante. En l’espèce, non seulement des enfants sont nés du couple, ce que l’Etat de Guinée Bissau n’a jamais contesté, mais la preuve n’a jamais été rapportée qu’une communauté de vie n’a pas, ne serait-ce que provisoirement, existé entre la requérante et feu Nino Vieira, le défendeur se contentant juste d’alléguer que l’assassinat du chef d’Etat a eu lieu « sous les yeux » de son épouse « légitime ». 5

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