5. Selon le témoignage recueilli par l’ONG Amnesty international et relayé par les requérants, l’aide de camp du Président, présent sur le tarmac de l’aéroport au moment des faits, aurait soutenu qu’après les premiers tirs, des soldats ont crié « il est encore vivant ! ». C’est en ce moment que les assaillants ont ouvert le feu à nouveau pour atteindre mortellement la victime ainsi que trois autres de ses accompagnants. Le même témoignage fait état de ce que l’assaut a été donné suite à deux coups de feu tirés en l’air par le Chef d’Escadron Daouda Mallam Wanké, chef de la garde présidentielle, vraisemblablement pour donner le signal d’exécution de l’opération. 6. Dans les instants qui ont suivi ces événements, la ville de Niamey fut immédiatement quadrillée par des engins blindés de l’armée fermant l’accès à la présidence de la République. Vers 15 heures dans l’après -midi, le Premier Ministre de l’époque déclarait sur les ondes d’une radio que le Président de la République avait été victime « d’un accident malheureux » et annonçait la dissolution de l’Assemblée Nationale. Après quarante-huit heures de vacance du pouvoir, le Chef d’Escadron, chef de la Garde présidentielle, se proclama Président d’un Conseil dit de Réconciliation nationale et Chef de l’Etat. 7. Par correspondance en date du 27 mai 1999, la Famille Baré Mainassara saisissait le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Niamey d’une plainte contre des personnes non dénommées, pour assassinat. 8. Suite à un soit transmis du Procureur de la République, le Commandant du Groupement de gendarmerie de Niamey a produit le 9 août 1999 un rapport de synthèse et des procès -verbaux d’enquêtes desquels il ressort en substance que deux coups de semonces ont été tirés par « des éléments » venus arrêter le Président et que celui-ci n’a été tué que parce que sa garde rapprochée a opposé une résistance au lieu de se rendre . III – Arguments des parties 9. En substance, les requérants développent leur argumentation autour de deux points : le caractère extrêmement lacunaire de l’enquête qui a été diligentée, 3

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