I – Les parties et leur représentation La Cour a été saisie par requête déposée le 20 mars 2017 par MM. Jérôme Bougouma, Alain Edouard Traoré, Dramane Yaméogo, Moussa Ouattara et Amadou Diemdioda Dicko, tous anciens ministres et représentés par Maître Mamadou Traoré et Maître Flore Marie Ange Toe, ainsi que par la Société Civile Professionnelle d’Avocats (SCPA) Ouattara-Salambere, demeurant tous à Ouagadougou et inscrits au barreau du Burkina Faso. L’Etat du Burkina est pour sa part représenté par la SCPA Kam et Some, société d’avocats inscrite au barreau du Burkina Faso, demeurant à Ouagadougou également. II – Présentation des faits et de la procédure Il résulte des énonciations de la requête introductive d’instance que suite à l’insurrection populaire du 30 octobre 2014 ayant renversé le régime en place au Burkina Faso, le Conseil National instauré pour gérer la transition politique au lendemain des évènements, a procédé à la mise en accusation des requérants tous anciens ministres dans le gouvernement déchu, pour répondre des violences perpétrées contre des manifestatants. La procédure initiée à cet effet a conduit à leur inculpation par la Commission d’instruction de la Haute cour de Justice pour des infractions liées à la répression violente des manifestations. Estimant que les poursuites engagées à leur encontre portent atteinte à leurs droits et libertés fondamentaux, les demandeurs ont saisi la juridiction de céans aux fins de faire constater les violations alléguées et de voir le Burkina Faso condamné au paiement de sommes d’argent à titre de réparation. La requête a été signifiée à l’Etat défendeur suivant acte reçu le 24 mars 2017 par l’Agent judicaire du Trésor. Suivant ordonnance rendue le 12 mai 2017, le Président du panel de jugement constitué dans l’affaire a fait droit à la demande de prorogation introduite le 12 avril 2017 par Maitre Kam Guy Hervé Rommel afin de permettre à l’Etat défendeur de produire un mémoire dans le délai d’un mois à compter de la signification de l’ordonnance. A l’audience du 17 octobre 2017, les parties ont été entendues et ont pu exposer leurs arguments respectifs. 2

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