15.Le sieur Konso Parounam affirme au soutien de son recours que, pour lui
faire avouer les accusations portées contre lui, les agents de l’Etat togolais
l’ont battu, privé de nourriture, de visites, de toilettes, l’ont torturé de
diverses manières jusqu’à ce qu’il développe une crise d’hypertension
artérielle suivie de troubles psychologiques. Il estime par conséquent que
l’Etat du Togo a violé ses droits garantis par la Constitution togolaise du 14
octobre 2012, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention des
Nations Unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants, les dispositions de l’Ensemble des principes pour
la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de
détention ou d’emprisonnement du 14 décembre 1988 et des principes
fondamentaux relatifs au traitement des détenus du 14 décembre 1990.
16.D’autre part, le requérant estime avoir été arbitrairement détenu, au mépris
des articles 1 et 2 de la Constitution du Togo, 4 et 5 de la Charte africaine
des droits de l’homme et des peuples, 9 du Pacte relatif aux droits civils et
politiques de 1966, ainsi que de dispositions de la Déclaration sur les
principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité et
victimes d’abus de pouvoir du 29 novembre 1983.
17.Pour l’ensemble de ces faits, le requérant sollicite de la Cour d’une part
qu’elle ordonne à l’Etat du Togo de procéder à une enquête en vue de
l’arrestation des agents coupables des faits évoqués et, d’autre part, qu’elle
condamne l’Etat du Togo à lui payer « telle somme que la Cour estimera
suffisante » eu égard au préjudice subi.
18. L’Etat du Togo, pour sa part, a exposé dans son mémoire en défense reçu
le 9 mars 2015, que le 5 août 2009, au cours d’un contrôle quantitatif de
l’armement, l’adjudant- chef Konso Parounam a présenté une situation
incomplète laissant apparaître un manquant portant sur un pistolet
mitrailleur silencieux faisant partie du lot de matériel sous sa garde. Appelé
à fournir des explications à cet égard, il aurait tenté de faire croire que l’arme
appartenait au lieutenant-colonel Roch Gnassingbé, qui l’aurait lui-même
acquis de son père Feu Général Gnassingbé Eyadéma. C’est alors que les
autorités militaires auraient ouvert des enquêtes pour retrouver les armes
disparues.
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