I – Les parties et leur représentation La requête introductive de la présente instance a été reçue au greffe de la Cour le 7 novembre 2013. Elle a été présentée par M. Mamadou Moustapha Kakali, de nationalité nigérienne, en sa qualité de sultan de Zinder. Il est représenté par Maître Mahamadou Nanzir, avocat inscrit au barreau du Niger. Le défendeur est l’Etat du Niger, représenté par Maître Mahaman Hamissou, avocat au barreau de Niamey. En dépit du courrier qui lui a été adressé le 13 novembre 2013, l’avisant qu’une requête avait été déposée contre lui et lui indiquant le délai de trente (30) jours pour y répondre, l’Etat du Niger n’a produit un mémoire en défense que bien plus tard, celui-ci ayant été reçu le 02 octobre 2015 au greffe de la Cour. Le conseil du défendeur a, par courrier reçu le 5 octobre 2015 au greffe de la Cour, demandé à la Cour de bien vouloir ne pas lui « tenir rigueur de cette défaillance » que lui-même déclare « assumer ». II – Présentation des faits et procédure La saisine de la Cour de justice de la CEDEAO fait suite à une longue procédure judiciaire nationale. Le requérant, Mamadou Moustapha Kakali, a été nommé Sultan du Damagram par arrêté n° 286 du 23 juillet 2001. Il remplaçait à ce poste le sieur Aboubacar Sanda, qui a été révoqué de ses fonctions par arrêté pris par le ministre de l’Intérieur (arrêté du 9 juin 2001), à la suite de son inculpation puis de sa condamnation par un jugement correctionnel du 10 septembre 2002. Par la suite, le sieur Aboubacar Sanda sera relaxé par la Cour d’Appel de Niamey (arrêt du 28 juillet 2008) avant d’obtenir, quelques temps après, d’abord l’annulation de l’arrêté qui l’avait révoqué (arrêt de la Cour suprême du 23 octobre 2002), puis son rétablissement comme Sultan de Zinder (arrêté du 29 juin 2011 pris par le ministre de l’intérieur). Parallèlement, et ce même 29 juin 2011, le requérant Mamadou Moustapha Kakali était convoqué par le ministre de l’intérieur à Niamey, aux fins de se voir notifier qu’il « n’a pu être nommé, encore moins rester légalement le Sultan de Zinder ». Par la suite, le requérant a introduit au moins trois recours : requête à fin de sursis à exécution de l’arrêté du 29 juin 2011 (rejetée par la Cour suprême), et deux recours pour excès de pouvoir visant l’annulation d’actes 2

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