19- Quant à la société TIM-SARL et autres, l’Etat du Mali estime que leur intervention volontaire est irrecevable pour défaut de qualité ; qu’en effet, selon le défendeur, les intervenants volontaires ne démontrent pas en quoi ils ont éprouvé un préjudice quelconque du fait de l’arrestation du nommé Ismael Haidara ex-PDG de la société WAIC qui ne fut absorbée par TIM-SARL, que le 26 avril 2016. 20- La société TIM-SARL et autres rétorquent en faisant valoir que, contrairement aux déclarations de l’Etat du Mali, leur intervention volontaire est recevable dès lors qu’il n’est pas contesté que la société WAIC- SA fut absorbée par la société TIM-SARL en application des dispositions des articles 189 et 192 de l’acte uniforme de l’OHADA relatif aux sociétés commerciales. 21- Selon les intervenants volontaires, l’effet juridique de cette absorption est la subrogation de la TIM-SARL dans les droits et obligations de la WAIC-SA qui était dirigée par le sieur Ismael Haidara. Or, nul ne doute que l’arrestation et la détention arbitraire de ce dernier ont porté un coup fatal sur les activités de la WAIC-SA dont le chiffre d’affaire était estimé à des dizaines de milliards. Selon les intervenants volontaires, la jurisprudence internationale, notamment celle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, admet le principe de l’indemnisation de victimes indirectes comme les ayants droit ou les membres des familles des victimes directes. 22- Compte tenu de ce qui précède, les intervenants volontaires estiment qu’ils ont le droit d’exiger une juste réparation en vertu du principe selon lequel, il appartient à celui qui cause un préjudice à autrui, de le réparer. IV- ANALYSE DE LA COUR 23- La Cour doit d’emblée se pencher sur la recevabilité de la requête présentée par le sieur Ismaila Haidara et de l’intervention volontaire de la Société TIM-SARL, avant d’examiner éventuellement le bien-fondé des demandes formulées par ceux-ci. 8

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