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ARRÊT VERA FERNÁNDEZ-HUIDOBRO c. ESPAGNE – OPINIONS SÉPARÉES
préjugé, la seule question qui demeure est de savoir s'il est possible ou non
d'y remédier d'une manière ou d'une autre dans la procédure. C'est une
illusion de la part de la majorité en l'espèce de penser que les mesures
décrites au paragraphe 133 sont de nature à supprimer les défauts réels liés
au préjugé, sans mentionner ceux liés à l'apparence qu'il y a eu pareil
préjugé. Le seul remède valable aurait consisté, pour le second juge
d'instruction, à effacer complètement le dossier constitué par son
prédécesseur. Toutefois, même en cas d'une réouverture aussi radicale de
l'instruction, les témoignages recueillis au cours des premiers
interrogatoires, et peut-être d'autres éléments de preuve, continueraient
d'une certaine manière à être entachés d'un vice que la nouvelle procédure
ne pourrait éradiquer.
12. Je tiens à exprimer une nouvelle fois ma ferme conviction que la
question qui se pose dans la présente affaire relève de la Grande Chambre
de la Cour et consiste à se demander à quel point exactement l'institution du
juge d'instruction est un fossile archaïque de la procédure continentale,
laquelle est encore avant tout inquisitoire. Le temps est venu de nous ôter
cette poutre des yeux.