265- La Cour conclut donc que la violation alléguée du droit à un procès
équitable, garanti par les articles 7 de la Charte africaine des droits de
l'homme et des peuples, 14 du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques et 10 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, doit être
rejetée.
2. Sur la prétendue violation du droit de propriété
266- Le Plaignant allègue que dans son arrêt n° 223 du 30 avril 2014, le
Tribunal régional de Louga a condamné Siny Dieng à un an
d’emprisonnement avec sursis et a confisqué les sommes d’argent gelées en
2011, soit 80.000.000 FCFA, au profit du Trésor public.
267- Il a conclu que l’État du Sénégal s’est également rendu responsable
d’une violation de son droit de propriété.
268- À son tour, l'État défendeur a, dans son mémoire en défense, fait
valoir que Siny DIENG a sciemment omis de souligner que la confiscation
des sommes contenues dans ses comptes bancaires au profit du Trésor public
est une sanction supplémentaire obligatoire à l'encontre de toute personne
reconnue coupable de blanchiment d'argent; qu'à cet égard, l’article 45 de la
loi uniforme n°2004-09 du 06 février 2004 adoptée dans tout l’espace
UEMOA prévoit que : « dans tous les cas de condamnation pour infraction
de blanchiment de capitaux ou de tentative, les tribunaux ordonnent la
confiscation au profit du Trésor Public, des produits tirés de l’infraction, des
biens mobiliers ou immobiliers dans lesquels ces produits sont transformés
ou convertis et, à concurrence de leur valeur, des biens acquis légitimement
auxquels lesdits produits sont mêlés, ainsi que des revenus et autres
avantages tirés de ces produits, des biens en lesquels ils sont transformés ou
investis ou des biens auxquels ils sont mêlés à quelque personne que ces
produits et ces biens appartiennent à moins que leur propriétaire n’établisse
qu’il ignore leur origine frauduleuse » ; qu'il est ainsi clairement établi que
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