99. L’État défendeur soutient également qu’il ressort clairement de la
déclaration du deuxième Requérant qu’il était informé du crime planifié mais
n’a pris aucune mesure pour l’empêcher et que, même après la commission
du crime, il n’a entrepris aucune démarche afin de le signaler, confirmant
ainsi sa connivence avec les autres auteurs du crime. L’État défendeur
souligne en outre que dans sa déclaration, le troisième Requérant a fourni
des détails sur son degré d’implication dans le crime, notamment en
indiquant la manière dont il a tiré sur la victime. L’État défendeur soutient
donc que « les pièces à conviction P7, P9 et P10 ne reflétaient rien d’autre
que la vérité et qu’il n’était donc pas nécessaire de les corroborer ». Il en
déduit que les Requérants ont été condamnés à juste titre sur la base des
éléments de preuve versés au dossier.
***
100. La Cour observe que la Haute Cour et la Cour d’appel ont dûment pris en
compte la nécessité de confirmer la crédibilité des déclarations avant de s’y
fier. À titre d’exemple, il convient de citer la page 57 de l’arrêt de la Haute
Cour, où elle s’est prémunie contre le risque inhérent à une condamnation
fondée sur des déclarations de co-accusés, et également les pages 16 à 21
de l’arrêt de la Cour d’appel. De toute évidence, ces deux juridictions ont
confirmé, sur la base des éléments de preuve dont elles disposaient, que
les Requérants avaient commis le braquage avec préméditation.
101. Il ne résulte du dossier aucune irrégularité manifeste nécessitant
l’intervention de la Cour pour remettre en cause les décisions de la Haute
Cour ou de la Cour d’appel. En effet, hormis leur plainte relative à
l’application de l’exigence de corroboration qui a été traitée par les
juridictions nationales, les Requérants eux-mêmes n’ont ni relevé ni prouvé
l’existence d’erreurs manifestes que les tribunaux nationaux auraient
commises en se fondant sur les déclarations faites postérieurement à la
lecture de leurs droits.
28