la nationalité, ce qui viole ainsi l’article 15 de la DUDH qui protège le droit à
la nationalité.
74. Selon le Requérant, l’existence d’un droit s’apprécie par rapport au profit
que son titulaire peut en tirer. Il indique que « le droit à la nationalité ne peut
être déclaré effectif sous le seul prisme qu’il n’y a ni abus ni restriction ou
privation ».
75. En réplique, l’État défendeur fait valoir que la nationalité est l’appartenance
juridique d’une personne à l’État et que la loi de l’État défendeur définit les
modalités d’attribution, de perte et de déchéance.
76. L’État défendeur affirme que l’arrêté critiqué ne porte pas sur la nationalité
et ne limite pas la preuve de celle-ci. Il conclut en l’inexistence d’entrave au
droit à la nationalité.
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77. La Cour observe que la DUDH, prévoit, en son article 15, que :
« 1. Toute personne a droit à une nationalité ...
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ... ».
78. La Cour rappelle, comme elle l’a affirmé dans les affaires Anudo Ochieng
Anudo c. Tanzanie24 et Robert John Penessis c. Tanzanie,25 que le droit à
la nationalité prévu par la DUDH s’applique comme norme contraignante
dans la mesure où cet instrument a acquis le statut de norme du droit
international coutumier.
79. La Cour a, également, indiqué dans l’affaire Robert John Penessis c.
Tanzanie que bien que la Charte ne contienne pas de disposition expresse
portant sur le droit à la nationalité, son article 5 prévoit que « tout individu a
24
Anudo Ocheng Anudo c. République-Unie de Tanzanie (fond) (28 mars 2018) 2 RJCA 257, §76.
Robert John Penessis c. République Unie de Tanzanie (fond et réparations) (28 novembre 2019) 3
RJCA 617, § 85.
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