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africaine. Ils soutiennent en outre que la Commission africaine a relevé que lorsqu‘il existe un grand
nombre de victimes individuelles, il peut être peu pratique pour chaque individu qui se plaint de se
présenter devant les tribunaux locaux. Dans ce genre de situations, comme il a été relevé dans
l’affaire Ogoni , la Commission africaine peut statuer sur les droits d‘un peuple considérés comme des
droits collectifs. Les Plaignants soutiennent ainsi que les Endorois, en tant que peuple, ont le droit de
porter plainte collectivement conformément aux dispositions pertinentes de la Charte africaine.
Violation présumée de l’article 8 – Droit de pratiquer une Religion
L‘article 8 de la Charte africaine stipule que :
La liberté de conscience, la profession et la libre pratique d’une religion doivent être garanties. Nul ne peut, sous
le prétexte de la force de l’ordre, être soumis à des mesures limitant l’exercice de ces libertés.
76. Les Plaignants soutiennent que le droit des Endorois de pratiquer librement leur religion a été
violé par la création de la Réserve faunique, leur déplacement de leur terre et le refus persistant des
autorités kényanes de leur donner un droit d‘accès. Les Endorois n‘ont pas été capables d‘effectuer
leurs prières et leurs cérémonies étroitement liées au Lac, de même qu‘ils ont été incapbales de visiter
librement la demeure spirituelle de tous les Endorois, vivants et morts.
77. Les Plaignants soutiennent que la Commission africaine a épousé la grande discrétion exigée
par le droit international dans la définition et la protection de la religion. Ils affirment que dans
l‘affaire Free Legal Assistance Group and Others v. Zaire, la Commission africaine a retenu que les
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pratiques des Témoins de Jéhovah étaient protégées par l‘article 8. . Dans la présente affaire, les
plaignants déclarent que les croyances des Endorois sont protégées par l‘article 8 de la Charte
africaine et constituent une religion dans le contexte du droit international. Les Endorois croient que
leur grand ancêtre, Dorios, est venu du ciel et s‘est établi dans la forêt de Mochongoi. Les Endorois
pensent qu‘après une période d‘excès et de débauche de celui-ci, Dieu s‘est fâché et comme
châtiment il a fait s‘effondrer la terre en une nuit, ce qui a formé le Lac Bogoria. Les Endorois pensent
qu‘ils sont les descendants des familles ayant survécu à cet événement.
78. Ils affirment qu‘à chaque saison l‘eau du Lac se teinte en rouge et que les sources chaudes
émettent une odeur étrange. A ce moment, la communauté effectue des cérémonies traditionnelles
pour apaiser l‘esprit des ancêtres qui se sont noyés dans le Lac qui s‘est formé. Les Endorois
considèrent la Forêt de Mochongoi et le Lac Bogoria comme des lieux sacrés, et les ont toujours
utilisés pour des cérémonies culturelles et religieuses majeures telles que les mariages, les
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funérailles, les circoncisions et les initiations traditionnelles.
79. Les Plaignants affirment que les Endorois, en tant que groupe autochtone dont la religion est
étroitement liée à la terre, nécessitent une protection spéciale. Le Lac Bogoria, affirment-ils, revêt une
importance religieuse fondamentale pour tous les Endorois. Les sites religieux des Endorois sont
situés autour du Lac, où les Endorois font leurs prières, et où se déroulent régulièrement des
cérémonies religieuses liées au Lac. Les ancêtres sont enterrés près du Lac, et comme indiqué
précédemment, ils soutiennent que le Lac Bogoria est considéré comme la demeure spirituelle de tous
les Endorois, vivants et morts. Le Lac, soutiennent les Plaignants, est par conséquent essentiel aux
pratiques et croyances religieuses des Endorois.
80. Les Plaignants soutiennent qu‘en expulsant les Endorois de leurs terres, et en leur refusant
l‘accès au Lac et aux autres sites religieux environnants, les autorités kényanes ont porté atteinte aux
capacités des Endorois de pratiquer leur religion comme l‘exige leur foi. Les Plaignants affirment qu‘en
violation de l‘article 8 de la Charte africaine, les sites religieux situés dans la Réserve faunique n‘ont
pas subi une démarcation et une protection adéquates. Et que depuis leur expulsion de la région du
Lac Bogoria, les Endorois sont incapables de pratiquer librement leur religion. L‘accès qu‘ils y avaient
de plein droit pour effecteur des rites religieux tels que la circoncision, les rites matrimoniaux et
initiatiques a été complètement spolié. De même, les Endorois sont aujourd‘hui incapables d‘effectuer
ou de participer à leurs rites religieux annuels les plus importants, qui se déroulent lorsque le Lac subit
des changements saisonniers.
81. Citant la jurisprudence de la Commission africaine dans l‘affaire Amnesty International v. Sudan,
les Plaignants soutiennent que la Commission africaine a reconnu le caractère capital de la liberté de