105. En ce qui concerne les motifs invoqués par le juge de première instance au
sujet de la Requérante, notamment ceux qui la décrivent comme une
« femme cruelle », la Cour note que cette question a été examinée par la
Cour d’appel à l’effet de déterminer si le Tribunal de première instance avait
effectivement renversé la charge de la preuve. La Cour d’appel a estimé
que la charge de la preuve n’avait pas été renversée et que la procédure
devant la Haute Cour était équitable.
106. La Cour fait observer qu’il ne ressort du dossier aucun motif invoqué pour
remettre en cause les conclusions de la Cour d’appel, notamment en ce qui
concerne la violation alléguée de l’article 7(1)(b) de la Charte. Compte tenu
de ce qui précède, la Cour rejette l’allégation de la Requérante relative à la
violation de l’article 7(1)(b) de la Charte au motif que la Haute Cour a
renversé la charge de la preuve.
107. En ce qui concerne l’argument relatif au rôle des assesseurs dans le
procès de la Requérante, la Cour fait observer, tel qu’il ressort du dossier,
que ceux-ci ont demandé des précisions à la Requérante. La Cour relève
que la Requérante n’a pas pu démontrer comment ce fait est constitutif de
la violation de son droit à la présomption d’innocence, au sens de l’article
7(1)(b) de la Charte. La Cour prend particulièrement note du fait qu’en droit
tanzanien, les assesseurs sont autorisés à demander des clarifications aux
accusés. Il incombe donc à la Requérante de prouver que, dans un cas
particulier, les assesseurs sont allés au-delà de la simple recherche de
clarifications, ce qui n’a pas été démontré en l’espèce. En conséquence, la
Cour rejette l’allégation de la Requérante selon laquelle l’État défendeur a
violé son droit à la présomption d’innocence et à être jugée par une
juridiction impartiale, protégé par l’article 7(1)(b) de la Charte.
iii. La condamnation de la Requérante fondée sur des preuves
insuffisantes, douteuses et par indices
108. La Requérante fait valoir que les dépositions des témoins à charge étaient
incohérentes et peu crédibles ; que le Tribunal de première instance s’est
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