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USINES DE PÂTE À PAPIER (ARRÊT)
mise en service de l’usine de pâte à papier, les concentrations d’AOX ont
pu atteindre en une occasion, le 9 janvier 2008, 13 mg/l, alors que la
limite maximale utilisée dans l’évaluation de l’impact sur l’environnement
et prescrite ultérieurement par le MVOTMA était de 6 mg/l. Toutefois,
en l’absence d’éléments de preuve établissant de manière convaincante
qu’il ne s’agissait pas là d’un épisode isolé mais bien d’un problème plus
durable, la Cour n’est pas à même de conclure que l’Uruguay a violé les
dispositions du statut de 1975.
c) L’impact des rejets sur la qualité des eaux du fleuve
229. Comme indiqué ci-dessus (paragraphe 165), les Parties ont, au
cours des trois dernières années, soumis à la Cour quantité de documents
contenant des données et analyses d’ordre factuel et scientifique concernant les concentrations de référence des polluants présents dans le fleuve
avant la mise en service de l’usine, ainsi que les résultats de relevés relatifs
à ses eaux et aux émissions atmosphériques après le début des activités de
production et, pour certains, jusqu’au milieu de l’année 2009.
230. S’agissant des données de référence, les études et rapports soumis
par les Parties contenaient des informations et analyses relatives, entre
autres, à la qualité de l’eau et de l’air, au phytoplancton et au zooplancton présents dans le fleuve, aux indicateurs de santé et biomarqueurs de
pollution chez les poissons du fleuve, à la surveillance de l’ichtyofaune
autour de l’usine de pâte à papier Orion (Botnia), aux populations
de poissons et à la diversité des espèces du fleuve, aux concentrations en
acides résiniques, en phénols chlorés et en phytostérols observées
chez les poissons du fleuve, à l’étude des espèces appartenant au genre
Tillandsia, à l’audit avant la mise en service de l’usine Orion (Botnia) et
à des études du mercure et du plomb dans les muscles des poissons.
231. L’Argentine soutient que les données de référence de l’Uruguay
laissent à désirer à bien des égards et qu’elles sont, notamment, incomplètes. L’Uruguay rejette cette assertion, et prétend que, de fait, l’Argentine s’est fondée sur ces données pour sa propre évaluation de la qualité
de l’eau. L’Uruguay soutient que, contrairement aux affirmations de
l’Argentine, il a commencé à recueillir des données de référence en
août 2006, dans le cadre du contrôle préopérationnel de la qualité de
l’eau effectué par la DINAMA avant la mise en service de l’usine (en
novembre 2007). Ce contrôle s’est étendu sur une période de quinze
mois et est venu compléter près de quinze années d’une surveillance plus
générale menée sous la houlette de la CARU au titre du programme
PROCON (Programme de contrôle de la qualité et de la pollution des
eaux du fleuve Uruguay, selon l’acronyme espagnol de « Programa de
Calidad de Aguas y Control de la Contaminación del Río Uruguay »).
L’Argentine n’a pas, à l’audience, contesté l’allégation du conseil de
l’Uruguay selon laquelle elle s’était servie des données fournies par celuici pour sa propre évaluation de la qualité de l’eau.
232. Parmi les données présentées par les Parties concernant le contrôle
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