ARRÊT MARCKX c. BELGIQUE
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à la Cour de cassation,
conseil,
M. P. VAN LANGENAEKEN, directeur général
au ministère de la justice,
conseiller,
- pour la Commission:
M. C.A. NØRGAARD,
délégué principal,
MM. J. CUSTERS et N. KLECKER,
délégués,
Mme L. VAN LOOK, conseil des requérantes
devant la Commission, assistant les délégués en vertu de
l’article 29 par. 1, deuxième phrase, du règlement de la Cour.
La Cour a ouï en leurs déclarations, ainsi qu’en leurs réponses aux
questions de plusieurs juges, M. Nørgaard, M. Custers et Mme Van Look
pour la Commission, Me van Hecke pour le Gouvernement.
FAITS
A. Les circonstances de l’espèce
8. Alexandra Marckx, née le 16 octobre 1973 à Wilrijk, près d’Anvers,
est la fille de Paula Marckx, journaliste belge célibataire.
Sa mère déclara régulièrement la naissance à l’officier d’état civil de
Wilrijk. Celui-ci en avisa le juge de paix ainsi que l’article 57 bis du code
civil belge ("le code civil") le prescrit dans le cas d’un enfant "naturel".
9. Le 26 octobre 1973, le juge de paix du premier canton d’Anvers
convoqua Paula Marckx (article 405) afin qu’elle lui fournît les
renseignements nécessaires à l’organisation de la tutelle d’Alexandra; à
cette occasion, il lui signala les formes possibles et les conséquences
juridiques d’une reconnaissance éventuelle de sa fille (paragraphe 14 cidessous). Il attira aussi son attention sur certaines dispositions du code civil,
dont l’article 756, concernant les successions "irrégulières".
10. Le 29 octobre 1973, Paula Marckx reconnut son enfant en vertu de
l’article 334 du code. Elle devint ainsi de plein droit sa tutrice (article 396
bis); le conseil de famille, présidé par le juge de paix et où siégeaient la
soeur et d’autres parents de Paula Marckx, avait compétence pour prendre
dans l’intérêt d’Alexandra différentes mesures prévues par la loi.
11. Le 30 octobre 1974, Paula Marckx adopta sa fille en application de
l’article 349 du code civil. La procédure se déroula selon les articles 350 à
356; elle comporta des enquêtes et entraîna des frais. Elle s’acheva, le 18
avril 1975, par un jugement d’homologation qui rétroagit au jour de l’acte
d’adoption, soit au 30 octobre 1974.