I. LES PARTIES 1. Les dames Safinaz Ben Ali et Lamya Jendoubi (ci-après dénommées « les Requérantes »), respectivement fonctionnaire et femme au foyer, sont des ressortissantes tunisiennes qui, au moment du dépôt de la Requête, étaient en détention préventive, l’une, depuis le 21 juin et, l’autre, depuis le 05 juillet 2022. Elles allèguent la violation de leurs droits à la liberté et à la sécurité dans le cadre de procédures judiciaires nationales. 2. L’État défendeur est la République tunisienne (ci-après dénommée « l’État défendeur ») devenu partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (ci-après désignée « la Charte ») le 21 octobre 1986 et au Protocole le 5 octobre 2007. Le 2 juin 2017, l’État défendeur a déposé auprès du Président de la Commission de l’Union africaine la déclaration prévue par l’article 34 (6) du Protocole (ci-après désignée �� la Déclaration ») par laquelle il accepte la compétence de la Cour pour recevoir les requêtes émanant d’individus ou d’organisations non gouvernementales ayant le statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. II. OBJET DE LA REQUÊTE A. Faits de la cause 3. Il ressort du dossier qu’en septembre 2021, une enquête a été ouverte sur la production de contenus numériques, domaine dans lequel travaille la société Instalingo. Cette enquête a révélé que pour mieux protéger ses intérêts, ladite société aurait infiltré les institutions de l’État, notamment, en ce qui concerne la nomination à certains postes et le soutien de personnes liées au parti Ennahdha, de concert avec de hauts responsables du ministère de l’Intérieur et d’anciens fonctionnaires en charge de la sécurité de l’État. Subséquemment, une information judiciaire visant plusieurs personnes a été ouverte par le juge d’instruction près le Tribunal de 2

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