154. En outre, certains pays ont abrogé des dispositions similaires à l’article 148(5) du CPP en raison de l’absence de liberté du juge lorsqu’une demande de mise en liberté sous caution est soumise.31 155. Comme la Cour l’a déjà indiqué, elle ne réprouve pas l’objectif visé par l’État défendeur, à savoir, protéger les témoins et garantir la sécurité, entre autres. Nonobstant ce qui précède et comme l’ont considéré plusieurs juridictions, le législateur ne devrait pas jouer le rôle des juges en liant les mains du tribunal pour lui dicter l’issue spécifique, en l’occurrence, le refus de la liberté sous caution. Il incombe au législateur de fournir des lignes directrices en ce qui concerne les différentes circonstances que le juge compétent devrait prendre en compte et qui militeraient en faveur ou non de la remise en liberté. 156. Comme indiqué précédemment, la propension à se soustraire aux conditions d’une mise en liberté provisoire ne peut s’inférer de la gravité d’une infraction ou d’une peine. En conséquence, en l’absence de latitude permettant au pouvoir judiciaire d’accorder ou de refuser la liberté sous caution, la Cour conclut que l’article 148(5) du CPP viole le droit à ce que sa cause soit entendue, protégé par l’article 7(1) de la Charte. C. Violation alléguée de l’article premier de la Charte 157. Les Requérants soutiennent que l’article 148(5) du CPP viole l’article premier de la Charte. Ils font valoir que l’article 148(5) du CPP ne permet pas aux accusés de jouir des droits fondamentaux et du droit à une égale protection, inscrits dans la législation tanzanienne. 31 Voir Cour constitutionnelle du Ghana, supra, note 30, opinion du juge Akamba ; Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud, Bongani c. l’État, Vusi Dladla, Angel Khumalo, Willy Sindane, John Sibonyoni et Philip Mogabudi c. l’État, État c. Mark David Joubert et État c. Jan Johannes Schietekat 3 juin 1999, § 10. Haute Cour du Kenya, République c. Robert Zippor Nzilu, Affaire pénale n°14 de 2018 [2018] eKLR. Haute Cour du Royaume-Uni, Secrétaire d’État en charge du ministère de l’Intérieur c. MB (FC) 2006] EWHC 1000 (Admin). 36

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