i. Sur l’exception tirée du non-épuisement des recours internes 88. L’État défendeur fait valoir que le dépôt de la Requête est prématuré dans la mesure où ses auteurs avaient encore la possibilité d’épuiser les recours disponibles dans le système judiciaire interne. Selon l’État défendeur, les États ne devraient pas être tenus responsables de l’échec des requérants qui saisissent les tribunaux internationaux avant de chercher à obtenir réparation dans le cadre de leur système juridique national. * 89. En réplique, les Requérants font valoir que l’État défendeur n’a pas pleinement exécuté son obligation d’enquêter sur le déversement des déchets toxiques. Ils soutiennent, en effet, que l’immunité dont il a fait bénéficier les dirigeants de TRAFIGURA a eu pour effet de les soustraire à la compétence de la Commission d’enquête nationale. 90. Les Requérants soutiennent, en outre, que devant la justice nationale, l’Union des victimes des déchets, qui s’était constituée partie civile avait demandé le renvoi de l’affaire devant une autre juridiction pénale. Malgré l’effet suspensif de ladite demande, la décision a été rendue le même jour. Les Requérants ajoutent que les représentants de l’État défendeur ont d’ailleurs contacté, à plusieurs reprises, le président de l’Union des victimes avant le retrait de sa plainte. 91. Les Requérants font, par ailleurs, valoir qu’ils allèguent des violations flagrantes et généralisées des droits de l’homme. Selon eux, l’exception de l’État devrait être rejetée, étant donné le grand nombre de victimes ainsi que la gravité et la multiplicité des violations. Ils soutiennent que le fait d’exiger de chaque victime qu’elle exerce les recours internes rendrait presque impossible le recours à la Commission ou la saisine de la Cour, ce qui constitue une entrave pour ces mécanismes régionaux à l’accomplissement de leur mandat de protection des droits prévus par la Charte. 25

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