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ARRÊT VERA FERNÁNDEZ-HUIDOBRO c. ESPAGNE
C. La procédure devant le Tribunal suprême (Causa especial
no 2530/95)
1. L'instruction menée par le juge délégué de la chambre pénale
50. Le 31 juillet 1995, le Tribunal suprême accusa réception de l'exposé
présenté par le juge central d'instruction no 5 et autorisa ce dernier à
poursuivre les actes d'instruction urgents sauf pour ce qui était des
personnes bénéficiant de l'immunité parlementaire.
51. Le 18 août 1995, le Tribunal suprême se déclara compétent, en vertu
de l'article 71 de la Constitution (voir paragraphe 89 ci-dessous) pour
connaître de l'affaire. Le dossier no 17/1989 devint alors le dossier CE
2530/95. Le secret de l'instruction, prorogé par le juge central d'instruction
no 5 le 10 juillet 1995, fut maintenu.
52. Dans ses allégations présentées le 7 septembre 1995, l'avocat de
l'État attira l'attention de la chambre du Tribunal suprême sur, d'une part, la
coïncidence des déclarations de certaines personnes mises en cause et les
hypothèses à la base de l'imputation des faits à certains inculpés par le juge
et, d'autre part, les bénéfices que ces personnes en tiraient pour leur
situation personnelle en prison. En effet, comme il a été indiqué ci-dessus
(au paragraphe 24), J.A. et M.D. avaient décidé de collaborer avec la justice
et avaient fait une déclaration, le 16 décembre 1994, devant le juge central
d'instruction no 5, sur la séquestration de S.M. et avaient impliqué dans
celle-ci leurs supérieurs hiérarchiques, qui avaient été arrêtés puis placés en
détention provisoire. De nouvelles comparutions, « elles aussi apparemment
spontanées », comme l'indique l'avocat de l'État dans ses allégations, de J.A.
et M.D. avaient conduit au placement immédiat en détention provisoire
d'autres personnes, dont le requérant.
53. Par une décision du 7 septembre 1995 rendue en séance plénière, le
Tribunal suprême confia l'instruction de l'affaire à un juge d'instruction
délégué de la chambre pénale du Tribunal suprême. Le dossier de
l'instruction menée par le juge central d'instruction fut transmis au juge
d'instruction délégué.
54. Le juge d'instruction délégué poursuivit l'instruction, entendit les
représentants des parties accusatrices et des inculpés, les personnes qui
impliquaient J.B. et le requérant, en présence de toutes les parties et de leurs
avocats respectifs. Il entendit, entre autres, les 27 et 28 septembre 1995
R.G.D. et J.S., les 4 et 5 octobre 1995 F.A.S. et M.P., le 11 octobre 1995 le
requérant et, le 13 décembre 1995, J.B. Des confrontations eurent lieu, entre
autres, le 20 octobre 1995, entre le requérant et J.S. et entre le requérant et
F.A.S., ainsi que, les 20 et 21 décembre 1995 et 4 janvier 1996, entre J.B. et
J.S., entre J.B. et F.A.S. et entre J.B. et R.G.D. Le juge d'instruction délégué
remit, le 11 janvier 1996, J.B. en liberté provisoire sous caution. Il sollicita
du Parlement espagnol la levée de l'immunité du ministre de l'Intérieur, ce