C’est tout le sens du droit à la présomption d’innocence également consacré par l’article 7 de la Charte ».14 47. En l’espèce, le Requérant allègue que la procédure devant le tribunal de district a été irrégulière en ce qui concerne l’examen des preuves. Il en résulte, selon lui, que la déclaration de culpabilité prononcée à son encontre est un déni de justice. 48. La Cour réitère sa jurisprudence dans l’affaire Kijiji Isiaga c. RépubliqueUnie de Tanzanie selon laquelle : les juridictions nationales jouissent d’une large marge d’appréciation dans l’évaluation de la valeur probante des éléments de preuve. En tant que juridiction internationale des droits de l’homme, la Cour ne peut pas se substituer aux juridictions nationales pour examiner les détails et les particularités des preuves présentées dans les procédures internes.15 49. La Cour rappelle, en outre, sa jurisprudence constante selon laquelle : S’agissant en particulier des preuves qui ont servi de base à la condamnation du Requérant, la Cour estime qu’il ne lui revient pas, en effet, de se prononcer sur leur valeur pour reconsidérer cette condamnation. Toutefois, elle considère que rien ne l’empêche d’examiner ces preuves, comme éléments du dossier qui lui est soumis, afin de voir si de façon générale, la manière dont le juge national les a appréciées a été conforme aux exigences d’un procès équitable au sens notamment de l’article 7 de la Charte.16 50. Nonobstant ce qui précède, la Cour est compétente pour examiner si la manière dont les procédures internes ont été conduites, y compris 14 Abubakari c. Tanzanie (fond), supra, § 174; Diocles William c. République-Unie de Tanzanie (fond) (21 septembre 2018) 2 AfCLR 439, § 72; Majid Goa alias Vedastus c. République-Unie de Tanzanie (fond et réparations) (26 septembre 2019) 3 AfCLR 520, § 72. 15 Kijiji Isiaga c. République-Unie de Tanzanie (fond) (21 mars 2018) 2 RJCA 226, § 65. 16 Abubakari c. Tanzanie (fond), supra §§ 26 et 173. Voir également Thomas c. Tanzanie (fond) § 66. 12

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