52. La Cour a également jugé, s’agissant du droit à l’égalité devant la loi, qu’une violation de l’article 3(2) de la Charte ne s’infère pas nécessairement d’une simple allégation de traitement différencié. Il convient de noter que la charge de la preuve incombe au requérant. À cet égard, la Cour a constamment considéré que des affirmations de portée générale sur les violations ne sauraient suffire pour établir une violation de la Charte.8 53. La Cour observe, en l’espèce, que les Requérants se contentent d’alléguer que la Cour suprême d’appel a accordé une importance excessive au respect de la procédure en ce qui concerne l’inscription des électeurs, sans indiquer en quoi cela a conduit à une violation de leur droit à l’égalité. Ils n'ont pas non plus démontré en quoi l'accent mis par la Cour suprême d'appel sur le respect de la procédure allait à l'encontre des règles établies dans la législation nationale ou violait leur droit à une totale égalité ou à l'égale protection de la loi. Les Requérants auraient dû apporter des preuves de la manière dont ils ont été traités différemment des autres personnes se trouvant dans la même situation. 54. En tout état de cause, La Cour rappelle qu’en tout état de cause, les États disposent, dans les limites autorisées, d’une certaine latitude pour structurer leurs organes électoraux en fonction de leurs besoins internes particuliers. Dans la présente affaire, la Cour suprême d’appel a conclu que la sensibilisation des électeurs à l’inscription sur les listes a été insuffisante voire inadéquate, ce qui a entra��né un faible taux de participation. En effet, les populations n’étaient pas sensibilisées à la nécessité de s’inscrire pour voter et la plupart d’entre eux pensaient que l’inscription sur les registres de l’état civil qu’ils avaient déjà effectuée auprès du Bureau national d’inscription leur permettait de voter sans qu’ils aient besoin de se réinscrire spécifiquement pour le vote. C’est donc à juste titre que la Cour suprême 8 George Maili Kemboge c. République-Unie de Tanzanie (fond) (11 mai 2018), 2 RJCA 381, § 51 ; Minani Evarist c. République-Unie de Tanzanie (fond) (21 septembre 2018), 2 RJCA 415, § 75. 15

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