ARRÊT TRE TRAKTÖRER AKTIEBOLAG c. SUEDE
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"Le premier paragraphe s’applique aussi quand le titulaire de la licence ne peut plus
passer pour apte à vendre des boissons alcoolisées ou que les conditions d’octroi d’une
licence ne se trouvent plus réunies."
A cet égard, le projet de loi (p. 82) se référait à des plaintes récemment
adressées à la Direction au sujet du retrait de licences pour mauvaise gestion
du titulaire. L’amendement, ajoutait le gouvernement (p. 87), préciserait
qu’il peut y avoir là une raison de considérer le titulaire comme
incompétent, même si la vente de boissons alcoolisées a eu lieu dans le
respect de la législation en vigueur. Seule une très mauvaise gestion tire à
conséquence. Doit être réputé inapte à détenir une licence quiconque
s’acquitte systématiquement mal du paiement d’impôts et contributions ou
méconnaît grandement ses obligations en matière de comptabilité ou de
renseignements. La mauvaise gestion n’a pourtant pas besoin d’être
délictueuse, ni même délibérée. Une négligence grave dans
l’accomplissement de ces obligations peut constituer elle aussi un motif
suffisant d’intervention.
29. Quant à la comptabilité, l’article 70 de la loi de 1977 dispose:
"La comptabilité d’un établissement qui débite des boissons alcoolisées doit être
tenue de manière à permettre le contrôle de ses activités. Le directeur doit produire les
livres de compte à la demande de l’autorité qui a octroyé la licence. Il doit également
fournir des renseignements statistiques conformément aux règles édictées par le
gouvernement ou, sur décision de ce dernier, par la Direction nationale de la santé et
des affaires sociales."
D’après les travaux préparatoires de ce texte, une comptabilité
défectueuse dénote en soi une inaptitude à diriger une entreprise distribuant
des boissons alcoolisées.
30. En exécution d’un mandat du gouvernement, un rapport a été établi
en 1985 sur la législation suédoise relative au commerce des boissons (SOU
1985:15). L’auteur proposait d’ouvrir devant les cours administratives
d’appel un recours contre les décisions préfectorales en la matière. Il
n’estimait pas heureux que la Direction nationale de la santé et des affaires
sociales, investie de fonctions de contrôle par la loi de 1977, serve aussi de
juridiction d’appel, tâche qui conviendrait mieux aux juges administratifs.
Cette recommandation a été soumise au ministère compétent, pour examen.
31. Le 21 avril 1988, le Parlement suédois a adopté une loi qui habilite
les particuliers à contester devant la Cour administrative suprême la légalité
de certaines décisions administratives. En vigueur depuis le 1er juin 1988,
elle le restera jusqu’en 1991.
32.
Aux termes du chapitre 3, article 2, de la loi de 1972 sur la
responsabilité civile, l’État doit verser une indemnité en cas de faute ou
négligence d’une autorité publique (myndighetsutövning).