éléments produits devant elles. Étant une juridiction internationale des droits de l’homme, la Cour ne peut pas se substituer aux juridictions nationales pour examiner les détails et les particularités des preuves présentées dans les procédures internes.44 117. Cela étant, la Cour rappelle également sa jurisprudence constante selon laquelle elle n’a certes pas le pouvoir d’évaluer les questions de preuve qui ont été examinées par les juridictions nationales, mais qu’elle garde le pouvoir de déterminer si cet examen est conforme aux dispositions pertinentes des instruments internationaux en matière de droits de l’homme.45 118. La Cour rappelle qu’un procès équitable « requiert que la condamnation d’une personne à une sanction pénale, et particulièrement, à une lourde peine d’emprisonnement, soit fondée sur des preuves solides ».46 Comme la Cour l’a également affirmé dans l’affaire Diocles William c. RépubliqueUnie de Tanzanie, le principe selon lequel la condamnation pénale doit être « établie avec certitude » est un élément important dans les procédures où la peine de mort est imposée.47 119. En ce qui concerne l’allégation du Requérant selon laquelle le seul élément de preuve le liant au crime était la déclaration de l’épouse de la victime qui affirmait que les lacérations sur son corps résultaient des blessures qu’il avait subies lors d’une altercation avec la victime, la Cour note, d’après le dossier à sa disposition, que le ministère public s’est appuyé sur cinq (5) témoins pour étayer sa thèse. La déclaration de culpabilité était fondée sur des preuves par indices et sur la doctrine de la possession récente. La Cour observe que les tribunaux nationaux ont estimé que les preuves examinées 44 Kijiji Isiaga c. République-Unie de Tanzanie (fond) (21 mars 2018), 2 RJCA 218, § 65 et Wanjara et autres James Wanjara & 4 autres c. République-Unie de Tanzanie (arrêt) (25 septembre 2020), 4 RJCA 673, § 78. 45 Kennedy Ivan c. République-Unie de Tanzanie, Arrêt (fond) (28 mars 2019), 3 RJCA 48, § 61 ; Elisamehe c. Tanzanie (arrêt), supra, § 66 et Jonas c. Tanzanie, Arrêt (fond), supra, § 69. 46 Abubakari c. Tanzanie, Arrêt, (fond), supra, § 174 ; Juma c. Tanzanie (arrêt), supra, § 70 et Isiaga c. Tanzanie, Arrêt (fond), supra, § 67. 47 William c. Tanzanie, Arrêt (fond) supra, § 72. 34

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