97 USINES DE PÂTE À PAPIER (ARRÊT) que les concentrations de nutriments dans le fleuve Uruguay ont atteint des niveaux élevés tant avant qu’après cet épisode, et que celui-ci a été très bref. Les Parties semblent également d’accord pour reconnaître l’existence de liens étroits entre prolifération d’algues, élévation des températures, faiblesse ou inversion du courant, et présence dans le fleuve de fortes concentrations de nutriments tels que l’azote et le phosphore. Il n’a toutefois pas été établi à la satisfaction de la Cour que la prolifération d’algues du 4 février 2009 avait été causée par les rejets de nutriments de l’usine Orion (Botnia). iii) Les substances phénoliques 251. L’Argentine soutient que les rejets de polluants émanant de l’usine Orion (Botnia) ont, depuis la mise en service de celle-ci, enfreint la norme relative aux substances phénoliques établie par la CARU, les données de référence antérieures à l’exploitation ne faisant apparaître aucun dépassement des valeurs maximales fixées par celle-ci. L’Uruguay, pour sa part, affirme que ces valeurs ont été maintes fois dépassées, sur toute la longueur du fleuve, bien avant le démarrage des activités de l’usine. A l’appui de cette assertion, il cite plusieurs études, dont l’étude d’impact cumulé finale réalisée par EcoMetrix selon laquelle le taux maximal de substances phénoliques, fixé à 0,001 mg/l par la norme de qualité de l’eau de la CARU, a fréquemment été dépassé. 252. La Cour note également que, selon les données fournies par l’Uruguay, des valeurs supérieures à la limite autorisée par la norme de la qualité de l’eau avaient été observées bien avant la mise en service de l’usine. Ainsi, selon l’étude d’impact cumulé finale réalisée en septembre 2006 par EcoMetrix à la demande de la SFI, les substances phénoliques ont fréquemment excédé la limite autorisée, les concentrations les plus élevées étant mesurées dans la partie argentine du fleuve. Certains relevés figurant dans le rapport le plus récent soumis à la Cour indiquent encore des concentrations excessives, mais la plupart enregistrent des valeurs inférieures à la limite autorisée (Rapport de la DINAMA sur la qualité de l’eau de juillet 2009, p. 21, par. 4.1.11.2 et appendice I, qui indique des taux compris entre 0,0005 et 0,012 mg/l). 253. Un conseil de l’Argentine a fait valoir à l’audience que c’était l’activité de l’usine qui avait entraîné des dépassements des valeurs limites, lesquels n’avaient jamais été observés antérieurement. Les concentrations de substances polluantes, a-t-il déclaré, avaient en moyenne triplé, la valeur maximale étant vingt fois supérieure à la valeur autorisée. Selon l’Uruguay, les données figurant dans le rapport de juillet 2009 de la DINAMA indiquent que les concentrations de substances phénoliques mesurées après la mise en service étaient inférieures aux valeurs de référence sur l’ensemble du fleuve, y compris au niveau de la prise d’eau de l’OSE. 254. D’après les éléments versés au dossier, y compris les données fournies par les Parties, la Cour conclut que les éléments de preuve sont insuf87

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