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USINES DE PÂTE À PAPIER (ARRÊT)
d’examiner avec soin la technologie à laquelle l’installation industrielle a
recours, en particulier dans un secteur tel que celui de la fabrication de
pâte à papier, où sont souvent employées ou produites des substances
ayant un impact sur l’environnement. Ce point est d’autant plus important que, aux termes de l’alinéa a) de l’article 41, le cadre réglementaire
qu’il incombe aux Parties d’adopter doit être en harmonie avec les directives et les recommandations des organismes techniques internationaux.
224. La Cour note que l’usine Orion (Botnia) utilise le procédé Kraft
de fabrication de pâte blanchie. D’après le document de référence de
décembre 2001 sur les meilleures techniques disponibles en matière de
prévention et de réduction intégrées de la pollution dans l’industrie de la
pâte à papier (ci-après « IPPC-BAT ») de la Commission européenne, que
les Parties ont qualifié de texte de référence pour ce secteur, le procédé
Kraft, déjà utilisé à l’époque dans environ 80 % de la production mondiale de pâte à papier, constitue donc le procédé de production chimique
de pâte à papier le plus répandu. L’usine utilise un procédé de blanchiment exempt de chlore élémentaire dit « léger » (« ECF light »), ainsi que
des systèmes de traitement des eaux usées primaire et secondaire faisant
intervenir un procédé de traitement par boues activées.
225. La Cour estime que, s’agissant de la technologie employée, et sur
la base des documents que lui ont soumis les Parties, en particulier du
document IPPC-BAT, aucun élément de preuve ne vient à l’appui de la
prétention de l’Argentine selon laquelle l’usine Orion (Botnia) n’appliquerait pas les meilleures techniques disponibles en matière de rejets
d’effluents par tonne de pâte à papier produite. Cette conclusion est
étayée par le fait que, comme démontr�� ci-dessous, l’Argentine n’a pas
présenté d’éléments de preuve établissant clairement que l’usine Orion
(Botnia) ne respecte pas les prescriptions du statut de 1975, du digeste de
la CARU ou des règlements applicables des Parties en ce qui concerne la
concentration d’effluents par litre d’eaux usées déversés par l’usine et la
quantité absolue d’effluents pouvant être rejetée en une journée.
226. La Cour rappelle que l’Uruguay a soumis de très nombreuses
informations relatives à la surveillance des effluents de l’usine Orion
(Botnia), qui figurent dans les multiples rapports établis par EcoMetrix et
la DINAMA (évaluation indépendante de la performance environnementale, réalisée par EcoMetrix à la demande de la SFI (phase 2 : examen de
la performance environnementale à six mois), juillet 2008 ; évaluation
indépendante de la performance environnementale, réalisée par EcoMetrix à la demande de la SFI (phase 3 : examen de la performance environnementale de l’année 2008) (ci-après le « troisième rapport de suivi
d’EcoMetrix »), mars 2009 ; DINAMA, rapport d’évaluation de la performance dans la première année d’opération de l’usine Orion (Botnia) et
de la qualité de l’environnement dans la zone d’influence, mai 2009 ;
DINAMA, rapport semestriel des résultats du plan de contrôle des émissions et de la performance environnementale), et que l’Argentine a avancé,
à cet égard, que l’Uruguay bénéficiait, sur cette question, sinon de l’exclusivité des éléments de preuve factuels, du moins d’un accès très privilégié
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