171. Le second Requérant rapporte que les détenus dans le couloir de la mort à la prison de Butimba ne peuvent interagir qu’avec d’autres détenus logés à la même enseigne et ne peuvent pas participer à des activités telles que le sport, les cours, les conférences ou les formations, ni recevoir de journaux. Il affirme également que les autorités pénitentiaires les excluent intentionnellement des formations professionnelles et des possibilités d’éducation, laissant entendre que de telles possibilités seraient gaspillées si elles étaient offertes à des personnes condamnées à mort. Le second Requérant ajoute que les prisonniers reçoivent un seul repas par jour, qui contient rarement de la viande, et lorsqu’il pleut, de l’eau ruisselle dans leurs cellules. Il souligne également que peu de détenus reçoivent des visites familiales du fait que leur famille est trop éloignée, et même lorsqu’elle peut effectuer le voyage, elle doit au préalable obtenir l’autorisation du directeur du district. 172. Le second Requérant soutient en outre qu’il est particulièrement sensible au phénomène du couloir de la mort en raison de son état mental fragile, étant déjà exposé à des traumatismes. Il étaye ses arguments en citant des décisions judiciaires et des rapports provenant de diverses sources, et estime que ses conditions de vie sont loin d’être conformes aux exigences minimales. Le second Requérant réitère la description peu reluisante faite par le premier Requérant des conditions dans lesquelles vivent les prisonniers dans le couloir de la mort en Tanzanie, également illustrées dans l’arrêt République c. Mbushuu alias Dominic Mnyaroge.85 * 85 Gable Masangano c. La République, recours en inconstitutionnalité n° 15 de 2007, [2009] MWHC 31 (Malawi)) ; La République c. Chiliko, audience de fixation de peine dans l’affaire n° 25 de 2015, (non publiée) (Malawi) ; Achuthan c. Malawi, Communication n° 64/92-68/92-78/92-BAR, CADHP, § 7. (22 mars 1995)) ; Article 13 des Règles Nelson Mandela ; Rapport du Département d’État des États-Unis sur la Tanzanie de 2016, qui indique que les prisons de l’État défendeur connaissent une surpopulation extrême et témoignent d’un système carcéral « dur et menaçant pour la vie. Nourriture insuffisante, surpopulation, conditions d’hygiène déplorables et soins médicaux sommaires et très intrusifs ». Les potences sont situées dans la première pièce du couloir dans lequel les condamnés à mort sont continuellement enfermés ; voir également le rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme, Tanzanie : La peine de mort institutionnalisée ? N° 414/2. at 37 (2005). 52

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