constitutive d’une punition lourde qui, conformément à la jurisprudence des tribunaux nationaux, doit faire l’objet de réparation. Les Requérants soutiennent, en outre, que le droit d’être jugé dans un délai raisonnable a été considéré par la Cour comme l’un des principes cardinaux du droit à un procès équitable. 104. Ils font valoir que leur affaire n’est pas complexe. Il s’agit d’une allégation de meurtre fondée sur des témoignages oculaires, des témoignages de personnes non expertes, d’enquêteurs, et d’un expert en balistique ainsi que des déclarations de co-accusés. Un rapport d’autopsie a également été versé aux débats. Tous ces éléments, affirment-ils, étaient à la disposition du ministère public dans les deux mois suivant l’arrestation et rien n’indique que celui-ci attendait les résultats d’enquêtes complémentaires. 105. Les Requérants affirment qu’ils n’ont pas saisi la juridiction d’instance de requêtes multiples et que l’État défendeur n’a pas justifié les retards observés entre les différentes étapes de la procédure. Du reste, il ne résulte du dossier aucune information sur le motif pour lequel ils n’ont pas été entendus en audience préliminaire près de deux ans après leur arrestation, ce qui a entraîné un préjudice substantiel dans la mesure où la mémoire des témoins s’estompe avec le temps, notamment leurs souvenirs de l’apparence d’une personne, de la chronologie des événements et des déclarations qui ont été faites. 106. Le premier Requérant précise que le ministère public a introduit une demande d’examen de son aptitude à être jugé, à laquelle son avocat ne s’est pas opposé. Cette procédure, soutient-il, peut être finalisée en quelques semaines tout au plus, étant donné que le spécialiste chargé de l’évaluation est un fonctionnaire. * 33

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