traite des personnes, la torture physique ou morale et les peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants sont interdits. 95. La Cour rappelle qu’elle a établi que pour apprécier si le droit au respect de la dignité inscrit à l’article 5 de la Charte a été violé, elle tient compte de trois facteurs principaux. Le premier est que l’article 5 ne comporte aucune clause restrictive. L’interdiction de l’atteinte à la dignité à travers un traitement cruel, inhumain et dégradant est donc absolue. Selon le deuxième facteur, cette interdiction doit être interprétée comme visant la protection, la plus large possible, contre les abus physiques ou psychologiques. Troisièmement, la souffrance personnelle et l’atteinte à la dignité peuvent prendre diverses formes et leur appréciation dépend des circonstances de chaque affaire.15 96. La Cour estime, en outre, que les actes d’exploitation, d’avilissement, de tortures, de traitements cruels, inhumains ou dégradants qui portent atteinte à la dignité humaine doivent atteindre un certain niveau de gravité et avoir pour but et effet de causer à la victime des souffrances aigues ou une humiliation qui amène celle-ci à avoir honte.16 La distinction repose donc sur la différence de l’intensité de la douleur ou le seuil de souffrance intolérable infligée intentionnellement à la victime.17 97. En l’espèce, les Requérants ne démontrent pas comment le non-paiement du montant de l’indemnisation de purge de leurs droits était pour eux une source d’humiliation, de honte ou de douleur aigue de nature à briser leur résistance physique ou morale. Ils ne démontrent pas, non plus, comment le décès allégué des membres de la famille était lié à ce non-paiement de l’indemnité qui leur était allouée par la justice. 15 Lucien Ikili Rashidi c. République Unie de Tanzanie (fond et réparations) (2019) 3 RJCA 13, § 88 ; Voir aussi John Modise c. Botswana, Communication No. 97/93 (2000) AHRLR 30 (CADHP 2000), para 91. 16 Sébastien Germain Ajavon c. République du Bénin (fond) (2019) 3 RJCA 136, § 254. Voir aussi Media Rights Agenda c. Nigéria, Communication No. 224/98 (2000) AHRLR 262 (CADHP) 2000), para 71. 24

Select target paragraph3