à leurs demandes de mise en liberté provisoire doit être considérée comme
un déni de justice mettant en danger les libertés fondamentales garanties.
45. Les Requérantes ajoutent que leur détention a été indéfiniment prolongée
en violation des dispositions des articles 29 de la Constitution de 2014 et
35 de la Constitution du 25 juillet 20227 et que contrairement aux allégations
de l’État défendeur, la détermination de la durée de la détention préventive
ne relève pas du ressort du juge d’instruction.
46. Les Requérantes font par ailleurs remarquer qu’aux termes de l’article 533
du Code des obligations et des contrats : « [l]orsque la loi s’exprime en
termes généraux il faut l’entendre dans le même sens ». Ainsi, le délai de
quatorze (14) mois prévu par l’article 85 du CPP s’impose à toutes les
autorités judiciaires, sans exception. L’article 541 du Code des obligations
et des contrats souligne : « L’interprétation peut, en cas de nécessité,
modérer la rigueur de la loi ; elle ne doit jamais l’aggraver ».
47. Les Requérantes soutiennent que même si l’article 85 du CPP est ambigu,
il ne peut être interprété que dans le sens de la réduction de la période de
détention. Elles estiment que ce texte prend également en compte la
possibilité d’expiration du délai légal avant la fin de l’instruction ou sans
mise en accusation. Selon elles, il est nécessaire qu’il y ait un équilibre entre
le droit à la liberté de l’inculpé et les exigences d’une procédure équitable,
ce qui permettra aux autorités judiciaires de prendre des mesures
susceptibles d’assurer la garantie de représentation de l’accusé et le
respect des principes de proportionnalité et de légalité.
48. Enfin, les Requérantes affirment qu’en les maintenant en détention, l’État
défendeur ignore le sens des dispositions du droit national et du droit
international, puisqu’au moment de leur arrestation, elles ne faisaient
qu’exercer leurs fonctions dans une entreprise commerciale en vertu d’un
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Article 35 de la Constitution de 2022 : « Aucune personne ne peut être arrêtée ou détenue, sauf en
cas de flagrant délit ou en vertu d’une décision judiciaire. Elle est immédiatement informée de ses droits
et de l’accusation qui lui est adressée. Elle a le droit de se faire représenter par un avocat. La durée de
l’arrestation et de la détention est fixée par loi ».
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