84. Invoquant sa propre jurisprudence dans l’affaire Goodluck Kyando c. la
République [2006] devant la Cour d’appel, l’État défendeur estime que le
ministère public a démontré les faits reprochés au Requérant au-delà de
tout doute raisonnable étant donné que tous les témoins à charge étaient
crédibles et fiables et qu’il n’y avait donc pas lieu de ne pas croire leurs
dépositions. En outre, la loi n’interdit pas de fonder une déclaration de
culpabilité sur des preuves circonstancielles si celles-ci permettent de
conclure à la responsabilité de la personne inculpée dans la commission
des faits pour lesquels il est poursuivi. L’État défendeur soutient également
que le Requérant n’a pas été déclaré coupable uniquement sur la base de
preuves circonstancielles, mais aussi au regard de la déposition de police
corroborée par le témoignage de PW1, un certain Liberius Pastory.33 Pour
ces raisons, il y a lieu de rejeter cette allégation pour défaut de fondement.
***
85. La Cour constate que les questions soulevées par le Requérant, à savoir
que l’État défendeur s’est fondé sur des preuves circonstancielles et
contradictoires pour le déclarer coupable, sans démontrer les faits au-delà
de tout doute raisonnable, relèvent du droit à ce que sa cause soit entendue,
en particulier des articles 7(b) et (c) de la Charte et des articles 14(2) et
14(3)(e) du PIDCP.
86.
L’article 7(b) et (c) de la Charte dispose :
Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit
comprend :
b. le droit à la présomption d’innocence, jusqu’à ce que sa
culpabilité soit établie par une juridiction compétente ;
c. le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par un
défenseur de son choix.
Voir pages 11/12 et 97/98 des actes de la procédure devant la Cour d’appel, ainsi que les pages
12/13 du jugement de la Haute Cour.
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