92. Les Requérants affirment que l’article 148(5)(b) du CPP ne précise pas le type d’infractions qu’il vise et qu’il est discriminatoire à l’égard d’une personne qui a déjà purgé une peine de trois (3) ans de prison. 93. Les Requérants soutiennent également que l’article 148(5)(e) du CPP viole le droit à la non-discrimination. Ils font valoir qu’ est discriminatoire à l’égard des personnes poursuivies pour des infractions portant sur des fonds ou des biens d’une valeur supérieure à dix millions (10 000 000) de shillings tanzaniens et qui ne peuvent pas faire un dépôt de la moitié du montant ou de la valeur des biens, ni verser une caution équivalente à l’autre moitié. 94. Ils affirment que la discrimination à laquelle ils font allusion est davantage mise en évidence par le fait que la mise en liberté sous caution est accessible à tous les accusés à Zanzibar, ce qui n’est pas le cas pour les personnes poursuivies en Tanzanie continentale. 95. Enfin, les Requérants soutiennent que l’État défendeur n’a pas apporté la preuve que les personnes libérées sous caution, en vertu des critères énoncés à l’article 148(5) (b), (c), (d) et (e) du CPP, ont commis des actes d’insécurité à l’égard de la société, d’atteinte à la paix, d’entrave aux enquêtes en cours ou même tué des témoins. * 96. Pour sa part, l’État défendeur soutient que les droits et les devoirs des citoyens sont garantis par sa Constitution et que toutes les lois doivent être conformes à celle-ci. Il affirme, cependant, que les garanties constitutionnelles ne dispensent personne de son devoir de se conformer à la loi et de s’acquitter de ses devoirs constitutionnels. 97. Selon l’État défendeur, l’argument des Requérants concernant l’effet discriminatoire de la loi contestée n’est « pas fondé ». L’État défendeur ajoute qu’en admettant même que le CPP prévoit un traitement différencié, un tel traitement se justifie par les objectifs qu’il vise à atteindre, à savoir la 23

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