157. En outre, alors que l’État défendeur ne conteste pas qu’au moins cent mille (100 000) victimes ont été affectées par le déversement des déchets, les juridictions internes ont accordé une compensation à sept (7) des plus de seize mille (16 000) victimes ayant participé aux procédures nationales. Toutes les autres victimes ont été déboutées, faute d’avoir pu établir le lien de causalité entre le déversement des déchets et le préjudice subi. La Cour estime que s’agissant d’un phénomène d’une telle envergure, les juridictions nationales avaient l’obligation d’élargir leur champ d’appréciation afin de prendre en compte le cas de toutes les victimes et leur accorder les réparations qu’elles étaient en droit d’attendre. 158. En tout état de cause, le protocole d’accord prouve, sans équivoque, non seulement la responsabilité des personnes impliquées mais également le préjudice causé aux victimes puisque l’État défendeur y consent à garantir l’immunité et recevoir des fonds par lui évalués aux fins de dédommagement des victimes. L’État défendeur, qui n’a pas conclu sur ce point, ne produit pas non plus la preuve que les fonds reçus en vertu du protocole d’accord avec TRAFIGURA ont effectivement été versés aux victimes. 159. Sur le même point, la Cour note que certains aspects du droit à un recours effectif tels que l’identification exhaustive des victimes et la décontamination des sites pollués n’ont pas été pris en compte durant les procédures nationales n. La Cour estime que même si l’État reconnaît que plus de cent mille (100 000) personnes ont été affectées, il n’a pas produit une liste exhaustive des victimes, puisqu’il n’a pas conclu sur le fond concernant l’allégation examinée. 160. Par ailleurs, il résulte du dossier que, si des opérations de décontamination ont effectivement été effectuées, elles étaient insuffisantes pour permettre la décontamination de tous les sites. De plus, la décontamination en l’espèce n’a pas garanti la cessation totale et définitive des conséquences du déversement, étant donné que des victimes ont continué à être empoisonnées au-delà de la date à laquelle l’État défendeur a officiellement 42

Select target paragraph3