44 ARRÊT VERA FERNÁNDEZ-HUIDOBRO c. ESPAGNE – OPINIONS SÉPARÉES préjugé, la seule question qui demeure est de savoir s'il est possible ou non d'y remédier d'une manière ou d'une autre dans la procédure. C'est une illusion de la part de la majorité en l'espèce de penser que les mesures décrites au paragraphe 133 sont de nature à supprimer les défauts réels liés au préjugé, sans mentionner ceux liés à l'apparence qu'il y a eu pareil préjugé. Le seul remède valable aurait consisté, pour le second juge d'instruction, à effacer complètement le dossier constitué par son prédécesseur. Toutefois, même en cas d'une réouverture aussi radicale de l'instruction, les témoignages recueillis au cours des premiers interrogatoires, et peut-être d'autres éléments de preuve, continueraient d'une certaine manière à être entachés d'un vice que la nouvelle procédure ne pourrait éradiquer. 12. Je tiens à exprimer une nouvelle fois ma ferme conviction que la question qui se pose dans la présente affaire relève de la Grande Chambre de la Cour et consiste à se demander à quel point exactement l'institution du juge d'instruction est un fossile archaïque de la procédure continentale, laquelle est encore avant tout inquisitoire. Le temps est venu de nous ôter cette poutre des yeux.

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